Le cercle des quintes – l’outil idéal pour tout musicien
Publié le lundi 8 juin 2026

Dans cet article, le blogueur invité Lode Habex vous explique ce qu’est le cercle des quintes et comment il peut devenir l’un des outils les plus pratiques pour les musiciens. Ce cercle possède un large éventail d’applications. Passionné de musique depuis toujours et musicien autodidacte, Lode sait mieux que quiconque comment aider les musiciens débutants à surmonter les nombreuses difficultés théoriques auxquelles ils sont confrontés.
Que devez-vous savoir avant d’aborder le cercle des quintes ?
Vous avez du mal à suivre la théorie dans cet article ? Un ou plusieurs des articles ci-dessous vous aideront sans aucun doute !
- Apprendre à lire les notes : La gamme de Do majeur (C)
- Apprendre à lire les notes : La gamme de Do mineur
- Majeur et mineur : entendre et comprendre la différence
- Accords : théorie et notation des accords
- Altérions : dièses, bémols et bécarres
Qu’est-ce que le cercle des quintes ?
Le cercle des quintes est un outil visuel qui permet de représenter les relations entre les douze notes de la gamme chromatique. Depuis des siècles, les musiciens y ont régulièrement recours. Ce cercle est constitué d’une succession de quintes. Exemple : lorsque vous jouez la note Do, sa quinte est la note Sol. La quinte de Sol est à son tour la note Ré, et ainsi de suite. Ci-dessous se trouve une illustration de l’alphabet musical en Do majeur. J’ai remplacé les notes par des chiffres, ce qui permet de retrouver la quinte plus rapidement.

À quoi sert le cercle des quintes ?
Grâce à cette succession de quintes, le cercle vous montre comment toutes les notes, tonalités et accords sont liés les uns aux autres. Vous pouvez ainsi l’utiliser pour de nombreuses applications différentes. Même à l’époque où je n’avais aucune base en théorie musicale, le cercle des quintes me permettait de mieux comprendre les morceaux, de créer mes propres mélodies et bien plus encore… C’est, selon moi, l’outil parfait pour tout musicien ! Dans cet article, je vous explique tout ce que vous pouvez faire avec cet outil musical.
#1. Visualiser en un clin d’œil les gammes majeures et mineures relatives
Ce qui saute aux yeux sur le cercle des quintes, c’est qu’il y a deux cercles : un pour le majeur et un pour le mineur. Le cercle extérieur correspond au majeur, écrit en lettres majuscules (DO, RÉ, MI…). Le cercle intérieur, écrit en lettres minuscules (la, ré, mi…), correspond au mineur (la gamme mineure utilisée dans cet article est également appelée gamme mineure « relative » ou « naturelle »). Cela vous permet de voir instantanément quelles familles de tonalités mineures possèdent les mêmes notes que leurs équivalents majeurs. La famille de Do majeur et celle de la mineur (notée « la ») sont placées ensemble, ce qui signifie qu’elles partagent exactement les mêmes notes. Tout comme la famille de Sol majeur partage toutes ses notes avec la famille de mi mineur (« mi »), et ainsi de suite. Quelles sont ces notes ? Je vous l’explique ci-dessous.

#2. Trouver en un rien de temps les notes d’une gamme majeure ou mineure
L’une des fonctions les plus importantes du cercle des quintes est sans doute de pouvoir retrouver toutes les notes d’une gamme majeure ou mineure via le cercle.
Notes en majeur
Il est important de définir d’abord quelle sera votre « note fondamentale » (la tonique), par exemple Do. Lorsque vous voulez trouver toutes les notes d’une famille donnée, vous devez toujours reculer d’un pas (vers la gauche)sur le cercle. Dans le cas du Do, vous tombez sur le Fa. À partir de ce Fa, vous pouvez lire, en allant vers la droite, les sept notes de la gamme majeure. Ci-dessous, vous pouvez voir trois exemples imagés :
- Pour Do majeur (ligne noire), on arrive aux notes : Fa, Do, Sol, Ré, La, Mi, Si.
- Pour Fa majeur (ligne orange), on arrive aux notes : Si♭, Fa, Do, Sol, Ré, La, Mi.
- Pour Si♭ majeur (ligne bleue), on arrive aux notes : Mi♭, Si♭, Fa, Do, Sol, Ré, La.

Notes en mineur
Maintenant que vous avez fait cela, vous connaissez également les notes des familles mineures de La, Ré et Sol mineur. Sur le premier cercle de notre article, on peut voir que La mineur utilise les mêmes notes que Do majeur, Ré mineur les mêmes que Fa majeur, et Sol mineur les mêmes que Si♭ majeur.
#3. Retrouver rapidement tous les accords les plus courants
Personnellement, j’utilise surtout le cercle pour savoir quels accords peuvent être utilisés dans une tonalité donnée.
Accords en majeur
Dans une tonalité majeure, les accords des degrés 1, 4 et 5 sont toujours majeurs (I, IV, V), tandis que les accords des degrés 2, 3 et 6 sont mineurs (ii, iii, vi). Grâce au cercle, vous pouvez les identifier très rapidement dans n’importe quelle tonalité. L’accord IV se trouve toujours directement à gauche de la note fondamentale, et l’accord V à sa droite. Les accords mineurs ii, vi et iii se situent juste en dessous. Il vous suffit de déplacer ce bloc de six accords sur la note fondamentale de votre choix pour trouver instantanément les accords de n’importe quelle tonalité majeure.

Si vous voulez lire les accords pour la famille de Do majeur, vous obtenez : Do, ré, mi, Fa, Sol, la.
Accords en mineur
Pour une famille en mineur, le principe est sensiblement le même, mais votre point de départ se situe sur le cercle intérieur (mineur). Les degrés 1, 4 et 5 sont toujours mineurs, tandis que les 3, 6 et 7 sont majeurs. Ci-dessous, vous pouvez voir son application pour la famille de La mineur. L’accord iv se trouve à nouveau directement sur le côté gauche et le v à droite. Juste au-dessus se trouvent les accords majeurs VI, III et VII. Vous obtenez ainsi les accords suivants : la, Do, ré, mi, Fa, Sol. Comme vous pouvez le constater, ce sont exactement les mêmes accords que pour Do majeur, mais avec un point de départ différent. Là encore, il est très simple de transposer dans une autre tonalité en faisant glisser ce groupe d’accords le long du cercle.

Qu’en est-il des accords diminués VII° en majeur et II° en mineur ?
Revenons un instant aux bases. Lorsque vous cherchez les notes et les accords d’une famille majeure ou mineure, vous obtenez toujours sept notes différentes. La grande différence entre le mode mineur et le mode majeur réside dans l’ordre de ces accords. En majeur, les accords 1, 4 et 5 (I, IV, V) sont majeurs ; les accords 2, 3 et 6 (ii, iii, vi) sont mineurs. Le 7e accord (vii°) est diminué (noté °). En mineur, les accords 1, 4 et 5 sont mineurs (i, iv, v), le 2e est diminué (ii°) et les accords 3, 6 et 7 sont majeurs (III, VI, VII). Vous voulez repérer l’accord diminué sur le cercle ? Choisissez votre tonalité et décalez-vous de deux positions vers la droite. La note qui se trouve alors dans le cercle intérieur (mineur) correspond à l’accord diminué. Exemple : en partant de Do ou de la, on arrive sur le Si, qui sera donc votre accord diminué, noté Sidim ou Si°. Autre exemple : si vous cherchez l’accord diminué de La majeur ou de fa#, vous tomberez sur Sol#dim (Sol#°). Gardez à l’esprit que ces accords ont une sonorité très instable, c’est pourquoi ils sont moins fréquemment utilisés.
Découvrez encore plus d’applications pratiques du cercle des quintes
#4. Découvrir combien de dièses ou de bémols vous avez besoin
Le cercle des quintes permet deux choses indispensables concernant l’armature (les altérations à la clé). D’une part, vous pouvez lire instantanément le nombre de dièses ou de bémols présents dans une famille. D’autre part, il vous indique précisément quelles notes portent ces dièses ou ces bémols.
- Pour lire les dièses : je pars de la position « 12 heures ». À cet endroit se trouve le Do majeur. La raison est simple : la famille de Do majeur (et de La mineur) ne comporte aucun dièse ni bémol. À chaque fois que vous vous déplacez d’un cran vers la droite, vous ajoutez un dièse. Vous savez ainsi que la famille de Sol majeur a un dièse, celle de Ré majeur en a deux, La majeur en a trois, et ainsi de suite.
- Pour les bémols, j’utilise la même méthode, mais… pour cela, je vais vers la gauche. La famille de Fa majeur a un bémol, celle de Si♭ majeur en a deux bémols…
- Pour savoir quelles notes (et accords associés) prennent un dièse ou un bémol, le cercle vous donne la réponse de façon très simple : Pour les dièses : commencez toujours par le Fa et allez vers la droite. N’importe quelle famille qui comporte un ou plusieurs dièses aura donc au minimum un Fa#. Pour les bémols : commencez toujours par le Si♭ et allez vers la gauche. N’importe quelle famille avec un ou plusieurs bémols aura au minimum un Si♭.
Exemple concret : si j’écris un morceau en La majeur, je sais grâce au cercle que :
- …Cette famille comporte trois dièses (car elle est située à trois pas vers la droite à partir du Do).
- …Ces dièses sont le Fa#, le Do# et le Sol#. En effet, comme mentionné, je commence toujours sur le Fa et avance vers la droite jusqu’à obtenir trois notes (Fa, Do, Sol).
- Pour la famille de Mi majeur, il y aurait un dièse supplémentaire : vous auriez alors Fa#, Do#, Sol# et Ré#.
Maintenant, un exemple avec des bémols. Si j’écris en Mi♭ majeur, je sais :
- …Que trois bémols se cachent dans cette famille (trois pas vers la gauche à partir du Do).
- …Que ces bémols sont le Si♭, le Mi♭ et le La♭, car je commence toujours sur le Si♭ pour les bémols et avance vers la gauche jusqu’à avoir trois notes (Si, Mi, La).

Vous avez déjà envie de vous lancer ? Essayez d’écrire votre propre morceau à l’aide du cercle ! N’oubliez pas : la pratique est la clé !
#5. Créer des progressions intéressantes avec des dominantes secondaires
Le terme « accord de dominante secondaire » peut sembler complexe, mais ne vous laissez pas impressionner, car ce n’est pas si difficile ! Combiné avec le cercle des quintes, l’usage des dominantes secondaires devient un jeu d’enfant. Je l’utilise principalement pour rendre les progressions d’accords plus intéressantes et leur donner une vraie personnalité.
Trouver l’accord V (accord de dominante)
Pour cela, il faut savoir ce qu’est l’accord du degré V. Après le premier accord (la tonique), c’est l’accord le plus important car il a un impact fort sur notre oreille. L’utilisation du degré V crée une tension qui pousse notre oreille à vouloir revenir vers le degré I. C’est pourquoi l’accord V est appelé « accord de dominante » par rapport au I. Le cercle étant une succession de quintes, il est simplissime à trouver. Exemple : si vous jouez la progression I-V-IV-I dans la famille de Sol majeur, vous obtenez les accords Sol – Ré – Do – Sol. Dans la famille de Sol, le cinquième accord est un Ré. Le Ré est donc l’accord de dominante par rapport à la tonique Sol. L’intervalle entre la tonique Sol et le Ré est une quinte.
Trouver l’accord de dominante secondaire
Ici, nous ne cherchons pas la dominante classique, mais la dominante secondaire. L’accord de dominante normal fait partie de la famille musicale et se trouve toujours à la cinquième position (le Ré par rapport au Sol, ou le Sol par rapport au Do). La dominante secondaire, en revanche, ne fait pas partie de la famille de base et peut être construite à partir de presque n’importe quelle position. Dans l’image ci-dessous, tous les accords de la famille de Sol majeur sont d’abord alignés sur une rangée (Sol, la, si, Do, Ré, mi, fa#°).

La ligne du dessous indique les quintes correspondant à chaque accord de cette famille. Si vous transformez cet accord en accord majeur et que vous y ajoutez éventuellement une 7e, vous obtenez la dominante secondaire. Prenez par exemple le « Ré » dans le tableau ci-dessus, cherchez-le sur le cercle des quintes (voir ci-dessous) et avancez d’un pas vers la droite. Vous y trouverez le La. Si l’on y ajoute une 7e selon vos goûts, cela donne La7. L’accord La7 est la dominante secondaire de Ré dans notre exemple. Toutes les dominantes secondaires du tableau ci-dessus n’appartiennent pas à la famille de Sol majeur, à l’exception de la première. Le Ré est en effet la dominante naturelle (classique) dans la famille de Sol.

Les règles à retenir :
- Vous pouvez partir de n’importe quel accord d’une famille musicale, sauf d’un accord diminué. C’est trop instable. Si je joue l’accord diminué, je reviens toujours vers l’accord qui offre le plus de stabilité, à savoir le premier.
- Vous pouvez utiliser la 7e, mais ce n’est pas obligatoire.
- L’accord de dominante secondaire est toujours majeur, même s’il existe quelques rares exceptions.
- L’accord de dominante secondaire peut être joué pour différents accords (voir l’exemple ci-dessous).
Exemple de progression avec un accord de dominante secondaire
Imaginons que je joue une progression dans la famille de Sol majeur et que je veuille utiliser les accords I et vi (Sol et mi). Pour insérer un accord de transition intéressant entre les deux, je peux utiliser une dominante secondaire. En partant du sixième accord (mi), considérez temporairement cet accord comme votre note fondamentale (la tonique) et cherchez sa quinte sur le cercle : cela donne Si7.Je joue cette dominante secondaire juste avant mon sixième accord. Vous obtenez ainsi une magnifique progression : Sol – Si7 – mi. La note Si se trouvant à une quinte de la note Mi, le fait de jouer Si7 guide l’auditeur en douceur vers l’accord de mi mineur. Pour conclure cette progression, je peux utiliser l’accord de dominante classique de la famille de Sol majeur, à savoir le Ré. On obtient alors : Sol – Si7 – mi – Ré. En revenant de ce Ré vers le début (Sol), vous retrouvez à nouveau cette progression naturelle de quinte (du Ré vers le Sol).
La dominante secondaire veut toujours « revenir »
L’accord de dominante secondaire aura toujours tendance à vouloir vous mener vers l’accord de dominante ou vers la (nouvelle) tonique. C’est une règle générale dans le monde de la musique, même si certains musiciens aiment s’en écarter subtilement. En utilisant le cercle, je découvre d’abord les accords d’une famille. Ensuite, je peux très facilement lire sur le cercle quelles dominantes secondaires je peux utiliser en complément des accords trouvés au début.
Encore un exemple
Terminons par un exemple supplémentaire. Cette fois-ci, je joue la progression I, V, iii dans la famille musicale de Fa majeur. Grâce au cercle des quintes, vous lisez immédiatement de quels accords il s’agit : Fa, Do et la. Vous pouvez varier la progression en cherchant la dominante secondaire du troisième accord (l’accord la). Je joue cette dominante secondaire juste avant l’accord la pour obtenir une belle transition. Sur l’image de gauche, vous voyez tous les accords de la famille de Fa. Vous trouverez la dominante secondaire en vous déplaçant d’une position vers la droite. En partant de l’accord la, on tombe sur le Mi. Comme d’habitude, on transforme cet accord en majeur et on y ajoute une 7e, ce qui donne Mi7. La progression passe donc de Fa – Do – la à Fa – Do – Mi7 – la. Essayez chez vous, le résultat est excellent !

#6. Apporter encore plus de couleur en « empruntant » des accords
C’est une autre superbe application que j’utilise pour rendre les progressions d’accords plus agréables et surtout plus originales. Il est bon de savoir que l’on peut emprunter plusieurs accords à d’autres familles majeures ou mineures. La transformation du quatrième accord (degré IV) dans une famille majeure étant la technique la plus courante, je me concentrerai ici sur cette fonction. Pour varier vos morceaux, vous pouvez transformer le quatrième accord (qui est normalement majeur) en un accord mineur. L’explication technique est que vous « empruntez » cet accord à la famille homonyme (la tonalité mineure qui possède la même note fondamentale). Par exemple, Sol mineur est l’homonyme de Sol majeur car ils partagent la même note fondamentale, Sol.
Une transition très utilisée : de IV à iv
Prenons une progression en Do majeur. Nous jouons par exemple la progression I-vi-IV, soit Do – la – Fa. Le quatrième accord de la famille de Do majeur est l’accord de Fa. Pour rendre la progression plus intéressante, transformons ce Fa majeur en Fa mineur (noté « fa »). On obtient alors la progression I-vi-IV-iv, soit Do – la – Fa – fa. L’accord fa n’appartient pas à la famille de Do majeur : nous l’empruntons à sa famille homonyme, Do mineur, où l’accord fa occupe justement la quatrième position. Cette transition du quatrième accord majeur vers le même accord en mineur est particulièrement belle si vous revenez juste après sur le premier accord de la famille (la tonique). C’est une transition que l’on retrouve très souvent dans la pop, le rock et le jazz. Variante : vous pouvez parfois sauter le quatrième accord majeur et utiliser uniquement l’accord mineur emprunté (par exemple I-vi-iv, soit Do – la – fa).
Trouver rapidement le IV dans le cercle des quintes
Le cercle des quintes est idéal pour tester ces différentes progressions d’accords. Il vous permet de voir instantanément quel est le quatrième degré d’une tonalité donnée et il ne vous reste plus qu’à le jouer en mineur. La force du cercle est qu’il rend ce concept visuel et extrêmement simple à appliquer, peu importe la tonalité dans laquelle vous jouez.

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