Si vous voulez réussir en tant que groupe, le groove est une condition indispensable. Sans groove, pas de gloire. Le groove est le Graal de la musique pop. Tout le monde le cherche, et en même temps, il reste mystérieux et insaisissable. Pourtant, il existe des moyens de vous mettre sur la voie du groove.

Groove in muziek - Wat het is en hoe je het bereikt

Facile à ressentir

« Le groove est difficile à définir, mais facile à ressentir », explique le bassiste Lené te Voortwis. « C’est aussi subjectif : l’un peut trouver qu’un morceau groove énormément, tandis qu’un autre ne le ressent pas du tout. » Le groove est difficile à décrire et à analyser ; l’expérience du groove dépend de chacun, et en même temps, c’est l’un des ingrédients les plus importants de la musique pop. Comme le dit le bassiste américain Ed Friedland : « Si votre groupe n’a pas de groove, vous avez un gros problème. La capacité à installer un groove justifie l’existence même d’un groupe. » Nous discutons avec Lené te Voortwis du groove et, par extension, du timing (placement). Car un bon timing est une condition pour pouvoir développer un groove. Lené joue de la basse électrique et de la contrebasse. Il est professeur au Conservatoire d’Amsterdam. En tant que bassiste, il a accompagné (et accompagne toujours) des artistes connus, tels que Boudewijn de Groot, Frank Boeijen et Mathilde Santing.

Force énergétique

Au fond, qu’est-ce que le groove ? Dans son livre Bass Grooves (intéressant aussi pour les non-bassistes), Ed Friedland le décrit ainsi : « le groove est la force énergétique créée par un(e) musicien(ne) ou un groupe de musicien(ne)s par leur manière de jouer ». Lené se retrouve assez bien dans cette approche : « Le groove est, comme le dit Friedland, une force que vous ressentez. Vous la sentez. Vous sentez le groove. » Mais Lené trouve la définition de Friedland un peu trop large : « Le groove, et sa définition, concerne évidemment le rythme. La force énergétique à laquelle Friedland fait référence est une conséquence du jeu rythmique (collectif) d’un ou plusieurs musiciens. Mais ce qui se passe exactement dans ce jeu rythmique (collectif), avant qu’on puisse parler de groove, est difficile à cerner. » Si le groove était mesurable, ce serait plus simple à expliquer, et il existerait peut-être même une formule à laquelle tout le monde pourrait se référer. Hélas (ou heureusement, selon le point de vue), ce n’est pas le cas, selon Lené. Comme musicien(ne) ou comme groupe, vous ne voulez rien tant que provoquer ce ressenti chez les autres (votre public), et vous voulez donc comprendre comment cela fonctionne. Vous voulez savoir comment obtenir un bon groove. Lené veut bien aider dans cette quête du groove. « Il existe des conditions pour un bon groove, dont certaines sont d’ailleurs en partie “mathématisables”. La plus importante est le timing, lié au rythme, à la durée des notes, à l’intention et au phrasé. Si, en tant que musicien(ne) et groupe, vous maîtrisez ces ingrédients, vous êtes déjà bien parti pour un groove qui fait plaisir. »

Timing et intention

« Pris au sens littéral, le timing est l’exécution rythmique la plus stricte, presque mathématiquement précise, d’une partie musicale », explique Lené. « Autrement dit : le timing dépend entièrement du moment où vous commencez une note et de celui où vous la terminez. Le timing est un facteur de qualité important en musique. » Outre l’aspect mathématique, le timing a aussi une dimension “ressentie”, poursuit Lené. « Il y a toujours une intention dans votre timing. Elle dépend du morceau, du style musical ou de l’atmosphère dans laquelle le morceau est joué. Ces éléments exigent une intention de la part des musiciens interprètes, et cela se traduit ensuite dans le timing. Ainsi, vous pouvez jouer un morceau “en avant” (poussant), ou au contraire de façon relâchée (laid back), ou simplement “pile dessus”, donc exactement sur le temps. » Jouer en avant ou laid back sont en réalité des mystères à part entière, qui suscitent régulièrement des discussions entre musiciens. Il peut être risqué que tout le groupe joue toutes les notes en avant, car le morceau peut accélérer progressivement. Et l’inverse vaut aussi quand tout le monde joue laid back : il y a alors un risque que le tempo s’affaisse. Heureusement, il existe une sorte de point de repère, une référence par rapport à laquelle vous jouez en avant, laid back, ou pile dessus. « Ce repère, c’est la pulsation », dit Lené. « Chaque morceau a une pulsation, déterminée par la mesure et le tempo. Il ne faut pas jouer “hors pulsation”, sinon le groove va forcément s’effondrer. Mais vous pouvez jouer “avec la pulsation”. Et, tout aussi important : chaque musicien du groupe doit ressentir la même pulsation. Surtout la section rythmique. Ainsi, tout le monde a le même repère. Il faut que, collectivement, vous posiez votre rythmique sur cette pulsation. Cela améliore le timing et donc le groove. »

Être cohérent du début à la fin

Supposons que vous ressentiez tous la même pulsation. Et que vous soyez d’accord sur l’intention. Vous avez déjà bien avancé, mais ce n’est pas encore suffisant. Ensuite, il faut le faire de manière cohérente sur tout le morceau. En d’autres termes : vous devez appliquer l’intention de façon constante, sur toute la chanson. Sauf si, par exemple, vous voulez jouer le chorus avec une intention différente du couplet. Mais quoi que vous choisissiez, faites-le de manière cohérente. Sinon, vous n’entrerez pas dans le groove, ou tout au plus pendant quelques mesures, et pas sur le reste du morceau. Restons un instant sur la pulsation. « La pulsation a une subdivision », poursuit Lené. « Par exemple en croches ou en doubles croches. Le morceau a alors une sensation (feel) en croches ou en doubles croches. Supposons que le morceau ait une sensation en doubles croches. Il faut alors jouer de manière cohérente avec cette sensation en doubles croches, et ne pas passer de temps en temps à une sensation en croches. L’intention vous donne une marge pour jouer avec ce feel, mais faites-le de manière cohérente. » En plus des feels en croches et en doubles croches, il existe un autre feel important : le feel en triolets. On l’entend beaucoup en jazz, mais aussi par exemple dans le blues et la pop. En jazz, on l’appelle généralement swing feel ; dans le blues et la pop, shuffle. Un groupe a un problème si le bassiste joue avec un feel en triolets et le batteur avec un feel en doubles croches.

Une pulsation commune

Développer une pulsation commune au sein d’un groupe est très important, explique Lené. « Il m’arrive de faire des exercices avec des étudiants. Souvent, ressentir consciemment la pulsation et jouer à partir de la pulsation n’est pas ce sur quoi, surtout les étudiants de première année, se concentrent le plus pendant le jeu en ensemble. Ils se concentrent davantage sur les notes, les accords et leur virtuosité. Mais ils doivent apprendre à “verrouiller” tout cela dans une pulsation claire et partagée. Et que tout le monde pense aussi dans la même subdivision. » Presque tous les étudiants de première année ont chacun leur propre sensation de pulsation, constate Lené. Avec, en plus, leur propre subdivision de cette pulsation. « C’est pourquoi je mets parfois un métronome dans les enceintes et je leur demande de jouer très précisément dessus. C’est souvent très confrontant. Jouer avec un métronome n’est d’ailleurs pas une fin en soi, mais cela met en évidence votre rapport à la pulsation et la manière dont vous la gérez. Et le faire ensemble aide à ressentir collectivement la même pulsation. »

Compter, c’est important

Beaucoup de musiciens se vantent de tout faire “au feeling”. Ils ne savent pas lire la musique, n’ont aucune idée de ce que sont les mesures, et encore moins envie de compter en jouant. Le but est de souligner à quel point ils sont musicaux et talentueux. Lené n’a aucun problème avec le fait que les musiciens veuillent faire “au ressenti”. Mais il souligne qu’enrichir vos connaissances (musicales) ne peut que vous aider à faire “au ressenti” encore mieux. « Dans la communication entre musiciens, un minimum de théorie musicale est indispensable. Tant que cette connaissance ne devient pas un objectif en soi. Si vous voulez faire des exercices rythmiques collectifs, ce n’est pas plus mal de connaître les mesures et les figures rythmiques. Il est très difficile de communiquer avec vos partenaires sur l’emplacement d’une note si vous ne pouvez pas utiliser ce langage. Pour votre étude personnelle aussi, cette connaissance est utile. Elle vous aide à jouer des exercices de manière plus consciente rythmiquement, et donc plus précise. » Compter est, dans cette histoire, une compétence indispensable, affirme Lené. « En comptant, vous indiquez quand une mesure commence et quand elle se termine. Cela paraît simple, mais c’est plus difficile que vous ne le pensez. Bien apprendre à compter signifie apprendre à ressentir, en jouant, où commence la mesure suivante. Il s’agit d’apprendre à sentir le “un”, le premier temps de la mesure. Dans la musique pop, il est extrêmement important, surtout pour les batteurs et les bassistes. Parce que ce sont eux qui gèrent les temps forts : en 4/4, ce sont le temps 1 et le temps 3. Le temps 1 est le roi. Essayez donc avec un métronome et jouez de temps en temps un fill. Vous remarquerez que, pendant ce fill, vous accélérez facilement et que votre temps 1 arrive un peu trop tôt. » Peut-être détestez-vous le métronome avec son clic impitoyable. Mais croyez-le : beaucoup de musiciens professionnels (surtout dans la section rythmique) ont passé de nombreuses heures avec un métronome. « Le métronome est un bon outil pour la conscience du tempo, votre pulsation intérieure », dit Lené. « Vous pouvez d’ailleurs aussi vous entraîner avec une boucle de batterie. Mais un métronome est plus confrontant et moins confortable. »

Boîte à rythmes

Donc, entraînez-vous avec ce métronome. « Quand cela fonctionne bien, vous pouvez relever la barre », suggère Lené. « Vous divisez alors le tempo du métronome par deux et vous placez les clics sur l’afterbeat, donc sur les temps 2 et 4, les temps faibles. Entre ces clics (sans repère), vous devez placer les temps forts, donc 1 et 3. Enregistrez-vous et écoutez. Si ça marche, rendez l’exercice encore plus difficile : un seul clic sur le temps 4. Vous travaillez ainsi le développement de votre pulsation interne. » En plus de s’exercer avec le métronome, il est aussi bon de s’entraîner avec une boîte à rythmes ou toute autre source diffusant une boucle de batterie. « Avec un métronome, vous n’entendez pas si la subdivision est, par exemple, en croches ou en doubles croches. Ces subdivisions, vous les entendez dans une boucle », explique Lené.

Durée des notes

Jusqu’ici, nous avons surtout parlé du placement des notes, donc de l’endroit où commence chaque note jouée. « Tout aussi important est l’endroit où vous terminez les notes, donc leur durée », affirme Lené. « Bien sûr, cela concerne les instrumentistes capables de donner une durée à leurs notes, comme les bassistes, guitaristes et claviéristes. Pourtant, la conscience des durées de notes est aussi importante pour les batteurs et percussionnistes. Ils peuvent façonner leur propre partie de manière plus intentionnelle s’ils se concentrent (aussi) sur les durées de notes de leurs partenaires. » Pour rendre la construction rythmique d’un morceau aussi solide que possible, chacun doit être conscient des durées qu’il ou elle joue. Vous pouvez faire des exercices en groupe pour cela. Par exemple, répétez plusieurs fois un couplet, en modifiant (subtilement) à chaque répétition les durées de notes, et en ressentant l’effet que cela produit. Continuez jusqu’à avoir l’impression que tout “tombe” rythmiquement.

S’entraîner seul

En plus des exercices ci-dessus, vous pouvez aussi faire varier les durées de notes selon d’autres angles. Par exemple :

  • Vous pouvez créer un contraste dans la forme d’un morceau : accompagner le couplet avec des notes longues, puis jouer des notes courtes dans le refrain.
  • Vous pouvez adapter la durée de vos notes afin d’obtenir une image d’ensemble (rythmique) plus transparente.
  • Vous pouvez adapter la durée de vos notes afin de laisser plus d’espace aux autres membres du groupe. Par exemple, si, en tant que bassiste, vous laissez “ouvert” le deuxième et le quatrième temps en 4/4, vous laissez davantage de place aux contretemps du batteur.

« Mais quoi que vous fassiez », remarque Lené, « soyez conscient de l’importance déterminante que peut avoir la durée des notes (et la cohérence avec laquelle vous la gérez) pour un morceau. Et donc pour l’apparition, ou non, d’un groove. »

Rendre le tout vivant

Tous les éléments abordés jusqu’ici (timing, intention, pulsation commune, compter, durée des notes) contribuent à l’apparition d’un groove. Mais ce sont, pour la plupart, des paramètres “mathématiques”. Sur cette base, vous pourriez par exemple programmer un séquenceur pour construire un groove. Et cela pourrait même y ressembler. « Le problème, c’est que cela sonnera assez stérile, trop mécanique », dit Lené. « Vous manquerez vite le facteur humain : la vivacité et l’expression (musicale). On peut comparer cela au fait de prononcer une phrase : vous ne voulez pas seulement faire entendre les mots dans le bon ordre, vous voulez aussi dire quelque chose. Vous voulez exprimer une intention, une ambiance, une émotion, quelque chose qui rend la phrase vivante. Chaque mot de cette phrase reçoit alors une sonorité, une hauteur et une intensité différentes. » Il en va de même pour une phrase musicale, une “frase”. Chaque note de cette phrase reçoit un timbre et une dynamique (subtilement) différents si l’on joue avec expression. Vous voulez toujours trouver une manière de “prononcer” au mieux votre pattern de basse, votre riff de guitare ou votre beat de batterie, afin que votre intention (musicale) passe. Bien utiliser le son, le phrasé et la dynamique peut vous y aider.

Son

Toute aventure musicale commence par le choix du bon son. Vous voulez évidemment vous présenter au mieux avec un son qui vous ressemble, qui correspond à votre identité musicale. Il est aussi bon de réaliser que votre son dépend, dans une certaine mesure, du style que vous jouez. Pour un passage de funk bien musclé, le groupe choisira une palette sonore différente de celle d’un morceau country. Et il en va de même pour vos licks, riffs, patterns, beats, etc. Vous cherchez le son qui “fonctionne” le mieux. Si, en tant que groupe, vous trouvez les bons sons ensemble, vous avez déjà énormément gagné pour le groove.

Phrasé

Le phrasé concerne la manière dont vous jouez une phrase : doucement, fort, legato (lié) ou staccato (court), la clarté de l’articulation, l’endroit où vous placez les accents, etc. À la guitare et à la basse, vous avez aussi des possibilités comme le hammer-on, le pull-off, le bending, le slide et les trilles pour phraser. Sur un clavier, vous pouvez aussi utiliser la molette de pitchbend & modulation à cet effet. Tous ces éléments de phrasé vous donnent la possibilité de traduire, dans votre jeu, ce que vous voulez exprimer. « Le phrasé et le son de votre instrument vont de pair », dit Lené. « Par exemple, si, en tant que guitariste, vous jouez un riff avec un son clean, vous utiliserez un phrasé différent pour donner de l’impact au riff que si vous jouez le même riff avec de la distorsion. »

Dynamique

En appliquant la dynamique, vous introduisez volontairement des variations de volume dans votre jeu. Cela vous permet d’apporter plus d’expression à la construction d’un morceau. Vous jouez par exemple l’intro doucement, vous gardez le même volume au début du premier couplet, puis à mi-parcours vous augmentez le volume pour construire vers le refrain, que vous posez ensuite fermement. Si vous convenez ensuite que le morceau doit être encore plus dynamique dans cette construction, vous jouez l’intro encore plus doucement et, au final, le refrain encore plus fort. Vous pouvez aussi appliquer la dynamique dans vos phrases musicales pour davantage d’expression. En commençant par exemple une phrase doucement et en la terminant fort, vous lui donnez un caractère entraînant. « Le jeu de chaque musicien, et du groupe dans son ensemble, gagnera clairement en impact si la dynamique est bien utilisée », affirme Lené.

Construction rythmique

« Gardez, au départ, la construction rythmique d’un morceau aussi simple que possible », conseille Lené. « Ainsi, en tant que groupe, vous serez (rythmiquement) mieux en place les uns avec les autres. Il est très important d’apprendre à connaître l’intention rythmique et le timing de chacun, pour pouvoir finalement installer un groove comme un groupe bien huilé. » Lené poursuit : « Dans ce cadre, essayez aussi de jouer des parties que vous êtes réellement en mesure d’assumer sur votre instrument. Si le niveau technique est trop élevé, la précision rythmique en souffrira trop. Et là, vous pouvez dire adieu au groove. La solidité d’une chaîne est déterminée par son maillon le plus faible, ici aussi. Cherchez donc des morceaux (ou créez-les) que tout le monde peut jouer. » Et un autre conseil concernant le tempo : « Il existe beaucoup de musiques dont le tempo “flotte”, tout en ayant un groove énorme. Ne soyez donc pas trop stricts sur le maintien du tempo. La rythmique est le plus important, et c’est un plus si cela se fait dans un tempo très stable. De plus, vous pouvez introduire volontairement des variations de tempo. Vous pouvez par exemple jouer un refrain un peu plus vite qu’un couplet, afin de donner plus d’élan à ce moment-là. »

Bon à savoir

S’entraîner avec le groupe

Pour beaucoup de groupes, il n’est pas habituel de faire ensemble des exercices ciblés. Pourtant, Lené y voit beaucoup d’intérêt. « Répéter des patterns (rythmiques) comme exercice est un élément indispensable dans la recherche du groove. En tant que groupe, vous pouvez y gagner énormément. » Choisissez par exemple un passage d’un morceau d’au maximum quatre mesures, et répétez-le pendant plusieurs minutes. Pendant la répétition, essayez d’être de plus en plus précis dans votre jeu rythmique, et écoutez surtout vos partenaires. « Vous remarquerez qu’à un moment donné, vous entrez dans un flow, dans lequel vous faites sortir vos patterns de votre instrument sans aucun effort. Avec le bon timing, la bonne intention et le bon son. Continuez encore un peu et ressentez le groove. »

Intention et compositions

Comme expliqué plus haut, chaque morceau est joué avec une certaine intention concernant le timing. En musique pop, vous devez appliquer cette intention de manière cohérente sur tout le morceau, sinon vous détruisez le groove. Vous pouvez, par exemple, créer une différence entre le couplet et le refrain, mais là aussi, cela doit être cohérent. Si vous jouez des reprises, écoutez attentivement l’original et essayez d’identifier l’intention. « Si vous jouez vos propres morceaux, vous devez choisir une intention », raconte Lené. « Le style musical et la mélodie (généralement chantée) sont le point de départ. Ensuite, c’est à la basse de placer une ligne en dessous. Les notes de basse sont en grande partie déterminées par les accords choisis, mais la rythmique et l’intention de la partie de basse sont déterminées par l’intention avec laquelle la mélodie est chantée. Donc : d’abord le chant, ensuite la basse, et seulement après viennent la batterie et les autres instruments. »

Le public ressent le groove

Lors d’un concert, le public n’écoute pas seulement la musique : il la ressent aussi. En plus d’éléments comme le son et l’originalité, le public ressent surtout le groove d’un morceau, sans pouvoir forcément le nommer ainsi. Cette “base” de la musique fait que les gens ont envie de bouger. Plus le groove est fort, moins le public peut y résister.

Écrivez les rythmes

Beaucoup de musiciens ne savent pas lire la musique, ou seulement un peu. Pourtant, il est utile d’apprendre cette compétence, ne serait-ce que pour pouvoir “voir” la rythmique. « Si vous écrivez en notation le rythme d’un morceau (par exemple la partie de basse), ce rythme devient très clair », dit Lené. « Cela vous aide à voir comment vous devez jouer le rythme par rapport au temps. Le fait d’écrire a aussi un autre effet : comme vous voulez écrire quelque chose, vous devez réfléchir à la structure exacte du rythme. Vous mémoriserez ainsi mieux votre partie. » En plus des avantages pour votre propre jeu, la notation (rythmique) est un moyen de communication idéal pour faire, par exemple avec votre groupe, les exercices de rythme décrits. Dans une partition, vous pouvez indiquer précisément quand une note commence et quand elle s’arrête.

Apprenez avec un livre

Vous voulez approfondir le groove et faire des exercices ? Il existe plusieurs livres intéressants. Nous en citons deux. Ils sont en réalité destinés aux bassistes (et aux batteurs), mais ils sont aussi intéressants et utiles pour d’autres instrumentistes, et ils offrent beaucoup d’éclairage sur la rythmique des différents styles musicaux. Le premier est Bass Grooves d’Ed Friedland, le second Get locked de Greg Hyatt & Stan Mitchell. Vous les trouverez rapidement sur internet, et vous pouvez les commander via différentes librairies et boutiques en ligne.

Apprenez à écouter

Apprendre à faire de la musique (ou plutôt : apprendre à vous exprimer musicalement) peut se comparer à l’apprentissage de la parole chez un enfant. Dès que le tout-petit maîtrise ses premiers mots, il veut participer le plus vite possible à une “vraie” conversation. En pratiquant, l’enfant apprend à construire des phrases et à exprimer ce qu’il veut dire. De la même manière, en tant que musicien(ne) ou chanteur(se), vous voulez apprendre à “parler” (mieux) avec votre instrument. En jouant avec d’autres, vous découvrez ce que vous voulez exprimer musicalement, mais aussi ce que vous avez encore à apprendre. Bien “apprendre à parler” en tant que musicien est très important. Mais au moins aussi important : apprendre à bien écouter. Après tout, un enfant n’apprendra pas à bien parler s’il ou elle ne sait pas écouter au moins aussi bien.

Voir également

» Pratique de la musique – Le pouvoir et le danger de la répétition 
» Blessures du musicien – 8 manières de les éviter
» La gamme blues – Apprenez-la dans n’importe quelle tonalité ! 
» Créer des lignes de basse – Manuel pour bassiste 
» Jouer des solos sur des progressions d’accords 
» Jouer des mesures asymétriques à la batterie – Exemples et exercices 

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