Enregistrer les dialogues de vos vidéos ? Utilisez le bon micro.
Publié le lundi 8 juin 2026

Erreur de débutant n°1 quand on réalise des vidéos : négliger le son. Vous pouvez avoir une caméra coûteuse avec des objectifs encore plus chers, un éclairage pro et un arrière-plan superbe. Un son creux, réverbérant et mal défini trahira malgré tout un tournage fait dans une chambre. Dans cet article, vous découvrirez comment enregistrer des dialogues au rendu professionnel. Indispensable pour les aspirants réalisateurs.
Ma caméra a déjà un micro
C’est une bonne chose, mais êtes-vous satisfait(e) du résultat ? Une caméra est conçue pour capturer l’image : il ne faut donc pas attendre trop de son micro interne. Un micro caméra séparé, que vous fixez sur la « shoe » (griffe porte-accessoires) de votre caméra, apporte une nette amélioration en matière de réponse en fréquence et de bruit. Mais le principal problème demeure : la distance jusqu’à la source sonore est bien trop grande pour obtenir une prise propre et claire, même avec un excellent micro. Plus cette distance augmente, plus vous devez ajouter de gain (amplification) — et vous amplifiez donc aussi les bruits de fond ainsi que le bruit propre du micro. Le secret d’un son pro pour vos vidéos est donc simple : placez le micro le plus près possible de l’acteur/présentateur.

Des micros « photogéniques »
Dans des reportages et des vlogs, ce n’est pas toujours un problème si le micro apparaît à l’image. Dans ce cas, les possibilités sont nombreuses. Pour des interviews dans la rue, vous pouvez utiliser un micro reporter. Il s’agit le plus souvent de micros dynamiques à directivité omnidirectionnelle. Vous avez ainsi relativement peu de problèmes de bruits de manipulation et de vent. Si vous êtes en intérieur, assis(e) derrière une table, vous pouvez utiliser un micro de broadcast ou même un micro statique à large membrane.

Entendre sans voir
Vous vous souvenez peut-être du gobelet Starbucks visible dans un épisode de Game of Thrones. Ce genre d’erreur sort le spectateur de l’histoire et le ramène à la réalité. Faites donc tout pour l’éviter, aussi drôle que soit ce gobelet. En fiction, les micros doivent donc toujours rester hors champ. Ce qui contredit un peu ce que j’expliquais plus haut. Comment rapprocher le micro des acteurs s’il ne doit pas apparaître à l’image ? On suspend généralement le micro à une perche, une boompole. L’ingénieur du son tient le micro en biais au-dessus des acteurs, juste hors champ. Si l’acteur bouge beaucoup, l’ingénieur du son peut suivre ses déplacements avec le micro.

Les micros
En extérieur, utilisez un micro canon. Il permet non seulement d’enregistrer beaucoup plus faiblement les sons venant des côtés, mais aussi de les rendre bien plus sourds. Cela maintient l’attention sur ce qui se passe devant le micro. Dans les petits espaces, les micros canon sont moins adaptés. En effet, non seulement les bruits de fond deviennent très sourds, mais aussi les réflexions des voix. Les voix peuvent alors sonner de façon peu naturelle. Dans ce cas, il vaut mieux utiliser un micro statique à petite membrane avec une directivité supercardioïde ou hypercardioïde.

Cache-cache
Dans ce qu’on appelle un plan large, le cadre laisse beaucoup d’espace autour de l’acteur. Vous ne pouvez donc pas vous rapprocher avec une perche sans que le micro n’apparaisse à l’image. Si l’acteur reste au même endroit, vous pouvez essayer de cacher le micro près de lui. Astuce pro : collez des petits yeux et des oreilles sur la bonnette anti-vent en fausse fourrure de votre micro, et tout le monde pensera que c’est un animal de compagnie.
Sans fil
Si l’acteur se déplace beaucoup, vous ne pourrez pas éviter un micro cravate, aussi appelé lavalier. C’est un tout petit micro que vous pouvez facilement dissimuler dans les vêtements ou les cheveux de l’acteur. Un câble peut limiter fortement la liberté de mouvement de l’acteur et du cadreur. C’est pourquoi on utilise souvent des micros cravate sans fil. Dans ce cas, choisissez un système sans fil pour caméra. La différence avec un système sans fil classique, c’est qu’un système pour caméra dispose aussi d’un récepteur mobile, sur batterie. Les micros cravate existent grosso modo en deux directivités : cardioïde et omnidirectionnelle. Pour les tournages cinéma et TV, on privilégie presque toujours la directivité omnidirectionnelle. Le rendu est plus naturel et vous avez beaucoup moins de problèmes de frottements et de vent.

ADR
Parfois, il est impossible d’obtenir un son exploitable « sur le plateau », par exemple à cause d’un arrière-plan bruyant et/ou d’une acoustique médiocre. Enregistrez malgré tout le son, même si vous ne disposez que du micro interne de votre caméra. Ces prises pourront servir à synchroniser ensuite des dialogues et des sons enregistrés après coup avec l’image. Le remplacement des dialogues enregistrés sur le plateau s’appelle d’ailleurs Automatic Dialogue Replacement, ou ADR. Réalisez ces enregistrements dans une pièce la plus « sèche » possible, c’est-à-dire avec un minimum de réverbération. Avec un effet de reverb dans votre logiciel de montage ou votre DAW, vous pouvez imiter l’acoustique de la pièce où la scène a été filmée. Un piège fréquent en ADR : les voix semblent beaucoup plus proches que ce que l’image laisse supposer. En filtrant un peu de grave et d’aigu avec un égaliseur, le résultat paraît bien plus réaliste.

Enregistreur séparé ou directement dans la caméra
Enregistrer l’audio directement avec la caméra vous épargne, à vous et à votre équipe, énormément de travail. L’image et le son sont en effet réunis proprement dans un seul fichier. Vous vous demandez peut-être pourquoi les équipes de tournage professionnelles s’imposent d’enregistrer l’audio sur un enregistreur séparé. La réponse courte : une meilleure qualité sonore. Les préamplis et convertisseurs d’un enregistreur audio professionnel sont de bien meilleure qualité que ceux d’une caméra. De plus, un enregistreur vous permet souvent d’enregistrer à une résolution bien plus élevée. Avec une fréquence d’échantillonnage élevée, vous pouvez ensuite baisser la hauteur (pitch) d’un enregistrement sans perdre vos hautes fréquences. Une profondeur de bits plus importante offre davantage de plage dynamique. Avec une profondeur en 32 bits flottant, il devient même impossible de saturer votre prise. Cette méthode de travail demande toutefois plus de rigueur : vous devez noter quelles prises correspondent à quel plan, et vous devez ensuite synchroniser l’image et le son.






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