Auteur invité Freek Roffel de Freaky Studio écrit cette fois – au lieu de parler d’appareils à boutons – de l’homme qui, depuis très longtemps, se trouve derrière les boutons : le célèbre producteur Alan Parsons. Un pionnier du monde du studio, actif depuis 50 ans et qui peut toujours se compter parmi les meilleurs au monde. Comment en est-il arrivé là ? Freek vous raconte !

Beroemde producers: Alan Parsons - de ambachtelijke producer

The card turns friendly

Peu de gens ont vécu, dans le cadre de leur métier, autant de choses passionnantes que le producteur dont il est question dans cet article. De par son éducation, Alan Parsons a très tôt découvert de nombreuses facettes de la musique. À dix-neuf ans, il obtient un poste aux Abbey Road Studios à Londres. Il y participe à des albums des Beatles et, en 1972, il commence à travailler avec Pink Floyd sur The Dark Side of the Moon. Et justement : c’est l’album de tous les temps de votre auteur invité ! Grâce à ce chef-d’œuvre, Alan s’est définitivement fait un nom et a pu passer le reste de sa vie derrière les boutons. Enfin… pas tout à fait : après avoir terminé The Year of the Cat d’Al Stewart, il a eu envie de refaire sa propre musique, ce qu’il avait déjà fait dans des groupes avant Abbey Road. Avec Eric Woolfson, il lance The Alan Parsons Project, qui vend des millions d’albums. Dans les années 2000, M. Parsons s’est davantage consacré à transmettre ses connaissances via des masterclasses, des livres et des productions vidéo, tout en continuant à produire et à se produire sur scène.

Beroemde producers: Alan Parsons - de ambachtelijke producer

Let’s talk about me

Quelle a été l’influence d’Alan sur mon Freaky Studio ? D’abord, bien sûr, l’album de Pink Floyd, puis ses propres albums. Et lorsque je me suis intéressé au métier de producteur, j’ai découvert qu’il avait livré bien plus de joyaux que je ne l’imaginais. Il y a trois ans, il était à la Musikmesse de Francfort pour promouvoir ses masterclasses, et je m’y suis inscrit. Comme je l’indiquais dans le titre : c’est un producteur artisan. Cela peut sembler un peu old school, mais c’est ainsi que je le vois. Au-delà de ses explications limpides, il a aussi beaucoup d’humour, comme lorsqu’il interviewe des passants avec une brosse de WC. Bien qu’il ait vécu de l’intérieur, dès le tout début, toute l’évolution des enregistrements multipistes (!), il n’hésite pas à parcourir le monde pour demander à d’autres producteurs et techniciens comment ils travaillent, puis à intégrer ces retours dans son enseignement. Il y a quelque temps, il a travaillé avec Steven Wilson (entre autres Porcupine Tree) sur The Raven that Refused to Sing, un artiste que je suis de près depuis ses débuts (années 90) — preuve qu’Alan a su rester en phase avec son époque.

Games Alan Plays

Très bien, toutes ces histoires… mais qu’est-ce qui le rend si spécial ? En réalité, Alan Parsons est à l’œuvre depuis l’époque des Beatles, et il continue encore aujourd’hui à livrer de belles productions. D’une part parce qu’il incarne parfaitement le cliché : c’est une légende vivante du studio. D’autre part parce qu’il a aussi signé une excellente musique sous son propre nom, et qu’il se produit toujours sur scène. Ce qui caractérise son style, c’est l’alliance de prouesses techniques et d’instruments acoustiques. Il construit des productions avec énormément d’espace, de profondeur, parfois des influences un peu exotiques, et cette chaleur presque proverbialement associée à son son. Il a beaucoup expérimenté avec du matériel toujours nouveau et a fait enregistrer (des sections de) pop songs par des orchestres (de chambre) et des cuivres. Aujourd’hui, cela ne paraît plus si exceptionnel, mais à l’époque, ça l’était. Il combine sans effort le processus d’enregistrement classique avec les toutes dernières évolutions techniques. En tant qu’enseignant, il vous apprend à réaliser de bons enregistrements avec des moyens relativement simples, tout en montrant que certaines choses coûtent certes cher, mais peuvent aussi rapporter. Il met en lumière le vrai et le faux de toutes sortes de boîtes « magiques » et démontre qu’il existe une multitude de façons de réaliser une bonne production. Et, en plus, c’est un type relativement ordinaire qui, sans jouer les gourous, a laissé son empreinte (in)audible sur la musique pop.

Quelle est votre œuvre préférée d’Alan Parsons, et pourquoi ? Laissez un commentaire ci-dessous !

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