Blazerssectie aan je band toevoegen? 8 tips voor perfecte samenwerking

Une section de cuivres (« horn section ») composée par exemple de saxophone, trompette et trombone s’intègre très bien dans de nombreux styles musicaux. Dans certains genres, comme la soul et tout ce qui s’y rattache, c’est même quasiment indispensable. Quoi qu’il en soit, ajouter une section de cuivres à votre groupe peut vraiment faire pétiller votre musique. Vous gagnez des solistes supplémentaires, le son devient plus massif, et sur scène, l’effet visuel est au rendez-vous. Mais… c’est moins simple qu’on ne l’imagine. Voici huit conseils pour une collaboration parfaite !

En bref

Les instruments les plus courants dans une section de cuivres sont la trompette, le saxophone et le trombone. La taille d’une section varie généralement de deux à cinq musiciens. Un trompettiste et un saxophoniste forment déjà une section. Si un troisième musicien s’ajoute, c’est souvent un tromboniste, car il apporte plus de profondeur au son. On rencontre aussi fréquemment la section à cinq musiciens : première trompette, deuxième trompette, saxophone alto, saxophone ténor ou baryton et trombone. En général, chaque musicien a sa propre partie, ce qui crée un ensemble polyphonique. Avec de bons arrangements, le résultat peut être superbe. Lorsque de longues notes sont tenues, cela forme un beau tapis sonore. Souvent, la section de cuivres joue des accents qui rendent la musique plus mordante et plus swing. Rythmiquement, ces accents sont souvent placés de manière « intéressante », avec par exemple beaucoup de notes syncopées (sur le contretemps). Si c’est joué de façon bien serrée, cela apporte énormément à un morceau. Les sections redoutables d’Earth, Wind & Fire, Chicago, Tower of Power et Seawind Horns en sont des exemples parlants. La section de cuivres joue souvent une mélodie qui rend un titre immédiatement reconnaissable. Un exemple : l’intro de In the stone d’Earth Wind & Fire.

#1. Les cuivres conviennent-ils à votre style musical ?

Le choix d’avoir ou non une section de cuivres dans un groupe dépend avant tout du style musical. En rock, vous croiserez rarement une section de cuivres. En blues, on en voit parfois. À mesure qu’on se rapproche de la soul, du disco, du funk, du swing et des styles apparentés, une section de cuivres devient presque incontournable. « En principe, vous pourriez aussi confier les parties de cuivres à un clavier », explique le trompettiste Martin Hiddink. « Mais cela n’a pas l’élan d’une vraie section. Un clavier a moins d’attaque et n’a pas ce côté pétillant et énergique qu’apporte une section de cuivres. À condition, bien sûr, que la section joue avec une réelle intention. Sinon, on n’en tire pas ce qu’elle a à offrir. On remarque aussi que le public apprécie la présence d’une section : “Ah, de vrais cuivres !”, c’est une réaction qu’il m’arrive d’entendre. Une section de cuivres apporte vraiment quelque chose en plus à un groupe, autant au niveau du son que de la présentation. » Cela dit, il existe aussi des parties “façon cuivres” qui doivent justement être jouées au synthé, précise Martin. « Par exemple l’intro de The Final Countdown d’Europe. Ou l’intro de Jump de Van Halen. Jouer ça avec une section de cuivres sonne vieillot. Ça se fait, mais c’est vraiment déconseillé. Ces intros dépendent trop du son. »

Nous l’avons déjà dit : une section de cuivres doit jouer « avec intention », sinon elle n’apporte pas cette énergie pour laquelle on l’engage. « Beaucoup de cuivres sont formés en orchestre d’harmonie ou en fanfare », explique Martin. « C’est une façon de faire de la musique très différente de celle d’une section pop. Tous les cuivres n’en ont pas conscience. Résultat : un groupe peut ne pas être vraiment satisfait de sa section de cuivres, sans parvenir à mettre le doigt sur le problème. » Dans l’article suivant, nous nous concentrons sur la façon de faire sonner la section de cuivres. Ici, nous parlons surtout du rôle de la section dans le groupe et de la collaboration entre les cuivres et les autres musiciens. Mais voici déjà un point sur la qualité musicale. Pourquoi une section sonne-t-elle mieux qu’une autre ? Martin explique : « Cela tient notamment à la “conception” (l’approche) des musiciens. Tous les cuivres d’une section doivent jouer avec la même conception. À chaque note, ils doivent penser et jouer comme un seul bloc. Ainsi, chaque note commence au même moment et (tout aussi important) se termine au même moment. L’articulation et la manière de placer les accents doivent aussi être identiques pour tous. La règle, c’est que les cuivres suivent le trompettiste lead. C’est lui qui décide comment les notes doivent être jouées. Si les autres suivent correctement, vous obtenez une section bien serrée. » Le début ET la fin de chaque note doivent donc être nets. « Dans une section qui n’est pas serrée, le problème n’est souvent pas le départ des notes, mais la manière de les terminer », précise Martin. « Il existe pas mal de sections qui ne coupent pas leurs notes correctement. Avec l’expérience, en jouant souvent ensemble et en s’écoutant vraiment, cela s’améliore. En plus, tous les cuivres doivent bien suivre le trompettiste lead et accepter qu’il ou elle soit le “chef musical” sur scène. En répétition, on a le temps de discuter. En parallèle, le trompettiste lead doit avoir une conception musicale dans laquelle la plupart des autres peuvent se retrouver, et jouer de façon cohérente. »

#3. Développer une compréhension mutuelle

Qu’est-ce qu’un groupe s’impose lorsqu’il décide d’intégrer une section de cuivres ? « Tous les groupes ne mesurent pas les conséquences », répond Martin. « Vous faites entrer un groupe de musiciens à part, qui fonctionne souvent comme une unité. Ils partagent souvent une vision similaire de la manière de faire de la musique, de travailler et de fonctionner dans un groupe. Cette vision ne correspond pas toujours à celle des autres musiciens. Cela peut créer des problèmes. » Heureusement, on peut les éviter avec un peu de compréhension mutuelle. Le simple fait de connaître l’arrière-plan musical de chacun aide beaucoup, et de réaliser que jouer en section de cuivres est une autre manière de faire de la musique que celle d’un batteur, d’un bassiste, d’un guitariste ou d’un claviériste. Entrons dans ces différences. « Prenez par exemple la musique à jouer », dit Martin, qui est aussi guitariste et chanteur. « Les autres musiciens du groupe ont des parties individuelles, qu’ils déterminent souvent eux-mêmes. Ce n’est pas le cas de la section de cuivres. Elle reçoit un arrangement écrit par quelqu’un, où chaque note est fixée. Un musicien ne peut pas s’écarter de sa partie, sinon l’arrangement ne fonctionne plus. Ce qui est écrit doit être joué exactement comme tel. Le plus souvent, les cuivres ont ces parties sous les yeux, en répétition comme en concert. » C’est une façon de faire bien différente, par exemple, de la batterie ou de la basse. « Les autres musiciens peuvent davantage jouer au feeling et de mémoire, et n’ont généralement pas leurs parties sous les yeux en concert. Un guitariste ou un bassiste a aussi la liberté de s’éloigner ici et là de la partie originale. Tant que cela reste musical, cohérent et dans le style, ce n’est pas un problème. En revanche, les cuivres d’une section ne peuvent pas se permettre de varier. »

#4. Les cuivres jouent sur partition (et ce n’est pas pour rien)

Certains musiciens s’agacent du fait que les cuivres jouent presque toujours sur partition, même en concert. Mais selon Martin, il y a plusieurs raisons et arguments. « Cela tient en partie aux racines musicales des cuivres, souvent liées à l’orchestre d’harmonie et à la fanfare. Dans ces formations, on joue toujours sur partition. Bref, les cuivres ont grandi avec ça. Les autres instrumentistes d’un groupe ont généralement d’autres racines musicales. Beaucoup de guitaristes, par exemple, ont appris à l’oreille et ne savent souvent pas lire une partition. » Au-delà des causes, il y a aussi de bons arguments, poursuit Martin. « Les cuivres doivent jouer énormément de morceaux différents, souvent bien trop pour tout mémoriser. En plus, placer les notes demande une grande précision : mieux vaut concentrer son attention là-dessus que sur le fait de vouloir jouer par cœur. Ajoutez à cela que les musiciens qui ne jouent pas la première voix ont souvent une partie peu “logique” mélodiquement. Ce type de partie est très difficile à mémoriser. » Vous ne pouvez donc pas simplement exiger d’un cuivre qu’il joue de mémoire, conclut Martin. « Il vaut mieux accepter cette différence entre musiciens. »

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#5. La structure d’un morceau n’est pas perçue de la même façon

La communication entre les cuivres et les autres musiciens peut parfois buter sur un point : les deux groupes ne vivent pas la structure d’un morceau de la même manière. Si vous regardez la partie d’un cuivre, vous verrez qu’elle est découpée en sections avec des lettres A, B, C, D, etc. Souvent, les mesures sont aussi numérotées. Pour les cuivres, ces lettres et éventuellement les numéros de mesures servent de repères : ils savent où ils en sont dans le morceau. Pour les autres instrumentistes, c’est différent. Ils pensent plutôt en termes d’intro, premier verse (couplet), chorus (refrain), le solo, le break après le deuxième chorus, le pont, etc. « Donc si le batteur crie “à partir du solo de guitare”, le reste de la section rythmique comprend tout de suite », explique Martin. « Mais les cuivres demandent systématiquement à partir de quelle lettre c’est, ou quel numéro de mesure. Et ces lettres ne disent rien aux autres musiciens. On peut y perdre beaucoup de temps, et cela peut générer de l’agacement. » Selon Martin, c’est surtout aux cuivres de faire le pas. « Regardez au-delà de votre partie et comprenez la construction du morceau. Notez par exemple sur votre partie où se trouvent les couplets, refrains, solos, etc. La communication avec les autres musiciens devient beaucoup plus simple. Vous ne pouvez pas attendre d’un bassiste qu’il sache où se trouve la mesure 39. »

#6. Faites de la place

Cela peut sembler évident, mais avec une section de cuivres, il vous faut une scène nettement plus grande. Et les musiciens doivent pouvoir se tenir proches les uns des autres, sinon jouer serré devient impossible. Les cuivres peuvent se tenir relativement près, mais ils ont besoin de pas mal d’espace devant eux pour l’instrument et le pupitre. Il est aussi plus agréable pour les autres musiciens de ne pas être trop près des cuivres. Car recevoir le souffle d’une trompette ou d’un trombone en pleine face, ce n’est pas l’idéal pour jouer sereinement. Souvent, les cuivres sont placés sur une estrade à l’arrière, car visuellement, c’est le plus attractif. Les pavillons des saxophones pointent vers le haut, mais le trompettiste et le tromboniste projettent le son droit devant, souvent légèrement vers le bas. Dans cette ligne de feu, le niveau en décibels est énorme. « C’est facile à résoudre, mais étrangement, tous les cuivres n’appliquent pas la solution », dit Martin. « La solution, c’est de placer un petit écran en plexiglas à la hauteur de l’endroit où le son sort de l’instrument. Et cet écran a un autre avantage important : le musicien s’entend mieux, car le son est renvoyé. En jouant avec un groupe, il peut être difficile pour un cuivre de s’entendre. Un écran en plexi peut alors vraiment aider. »

#7. Jouer des cuivres, c’est physique

Comme les chanteurs, les cuivres n’ont pas un bouton de volume qu’on monte simplement pour mieux s’entendre. « Si le groupe joue fort, les chanteurs et les cuivres chantent et soufflent plus fort pour s’entendre. Un cuivre tient ça trois morceaux, puis il est complètement “rincé des lèvres”. Il faut en tenir compte en tant que groupe », insiste Martin. Jouer d’un instrument à vent est physiquement exigeant. Pour les cuivres, il peut donc être épuisant de rejouer souvent le même morceau d’affilée en répétition, surtout s’il contient des passages difficiles. Il faut aussi penser à l’ordre des titres dans la setlist : évitez d’enchaîner plusieurs morceaux très exigeants pour les cuivres. « Ne faites pas subir à vos cuivres une medley de Kool & The Gang, puis immédiatement derrière une medley d’Earth, Wind & Fire. C’est déjà dur pour des pros, et presque impossible pour des amateurs », prévient Martin. Du point de vue de l’effort, c’est plutôt agréable pour les cuivres qu’ils n’aient pas à jouer sur tous les titres. Mais cela a aussi un inconvénient : une rangée de cuivres immobiles pendant un morceau, c’est étrange visuellement. « S’ils se mettent spontanément à danser, c’est très bien. Mais ce n’est pas toujours le cas, et ce n’est pas conseillé d’imposer cette danse. Dans ce cas, mieux vaut qu’ils quittent la scène un moment. J’ai déjà vu un tromboniste se mettre à envoyer des messages sur son téléphone. Ça, évidemment, ce n’est pas acceptable. »

#8. Tous ensemble : arrivée ensemble, départ ensemble

Les cuivres ont la réputation d’arriver souvent en dernier aux répétitions et aux concerts, et de repartir les premiers. Et parfois, ils ont même oublié du matériel, alors qu’ils ont déjà beaucoup moins à transporter que, par exemple, un batteur. « Ce sont des plaintes fréquentes, et elles sont souvent justifiées », estime Martin. « Cela dépend en grande partie des accords que vous avez passés. Dans un groupe professionnel, c’est généralement plus cadré et plus “business”. Personnellement, je trouve que dans beaucoup de cas, le principe “tous ensemble” s’applique à tout le groupe : on arrive tous à l’heure, on attend les autres avant de partir, et on se donne un coup de main quand c’est nécessaire. Ça fait beaucoup de bien à l’ambiance. » Mais Martin nuance : « D’un autre côté, il faut prendre en compte le fait que, lors de la balance, les cuivres passent en dernier. Voire qu’ils ne passent pas du tout. Souvent, l’ingénieur du son a déjà passé trop de temps sur la batterie et la basse, et il ne reste plus de temps pour les cuivres. Si vous attendez d’eux qu’ils arrivent en même temps que le batteur, ils risquent de devoir attendre trois heures sans rien faire. Alors qu’ils ont peut-être quitté leur travail plus tôt pour être là. »

En résumé : avec un peu de compréhension mutuelle, la section de cuivres et le reste du groupe peuvent très bien fonctionner ensemble. Et si la section joue en plus de manière ultra-serrée et musicale, alors là, c’est la fête. Comment y parvenir ? C’est le sujet de l’article suivant.

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