Casque ou intra-auriculaires pour le podcast : en avez-vous vraiment besoin ?
Publié le mardi 3 novembre 2026
Un casque pour podcaster ? Je le mets avant même d’allumer le micro. Pourtant, on me demande régulièrement si c’est vraiment nécessaire : après tout, vous parlez simplement dans un micro, non ? Oui, c’est nécessaire. Si vous n’entendez pas pendant l’enregistrement ce que le micro capte, vous ne découvrirez les erreurs qu’au montage, et il sera alors trop tard.
Pourquoi entendre ce que le micro entend
Je l’ai appris à mes dépens : une interview d’une heure, une conversation magnifique, et à la réécoute, il s’est avéré que mon invité s’était peu à peu enfoncé dans son siège. Pendant le premier quart d’heure, sa voix sonnait pleine et proche, puis de plus en plus fine et réverbérée. Avec un casque, je l’aurais entendu au bout de deux phrases et je lui aurais fait signe de se rapprocher. La distance par rapport au micro détermine votre son, et elle change sans que l’on s’en rende compte au cours d’une conversation.
Il en va de même pour les plosives. Les P et les B projettent une bouffée d’air dans le micro, audible sous la forme d’un petit bruit sourd. Sans casque, vous ne le remarquez pas. Avec un casque, vous l’entendez immédiatement, tout comme la chaise qui grince, le froissement de vos notes ou le fait que vous parlez beaucoup plus fort que votre invité. Enregistrer sans casque, c’est comme se garer sans regarder dans ses rétroviseurs : ça peut bien se passer, comme mal tourner.
Et des enceintes ? Si vous allez parfois à des concerts, vous connaissez peut-être ce sifflement aigu : le micro capte le son des enceintes, qui est amplifié puis renvoyé dans les enceintes, et ainsi de suite. Ce n’est donc pas une bonne option. Un casque garde le son près de vos oreilles, et loin du micro (tant que vous ne montez pas trop le volume, bien sûr).
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Casque fermé ou intra-auriculaires pour un podcast vidéo
Avec une caméra, le casque devient aussi un choix esthétique. À l’image, un grand casque fermé dit « nous travaillons sérieusement », et certains créateurs aiment ce style. D’autres veulent avoir l’air de deux personnes qui discutent autour d’une table de cuisine et optent pour des intra-auriculaires, qui se remarquent à peine. Techniquement, les deux font la même chose : amener le son à vos oreilles sans que le micro le capte.
Pour l’audio seul, je choisis un casque fermé, car il atténue aussi les bruits de la pièce autour de moi. Pour la vidéo, j’utilise des intra-auriculaires, avec une leçon à retenir : le câble. Il passe de façon visible le long de votre joue et tire sur votre oreille dès que vous vous tournez vers un invité. Une petite pince fixée à votre chemise règle en grande partie le problème. Quel que soit votre choix, un casque ouvert laisse fuir le son vers l’extérieur, et celui-ci revient dans le micro lors des moments de silence.
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Latence et monitoring direct
Les écouteurs Bluetooth que vous avez de toute façon sur vous semblent être la solution la plus simple. Mais si vous les utilisez pendant un enregistrement, vous risquez de vous entendre une fraction de seconde après avoir parlé. Cela suffit à vous faire perdre le rythme : vous commencez à hésiter et à parler plus lentement. L’enregistrement lui-même n’en est pas affecté, car le micro est relié par câble à votre interface et s’enregistre parfaitement en synchronisation. Le problème concerne la personne qui parle et qui s’entend toujours avec un léger retard. Le câble n’est donc pas un choix démodé, mais le seul qui fonctionne.
Par ailleurs, gardez à l’esprit que tout système numérique convertit le son de l’analogique vers le numérique et inversement, ce qui prend du temps. Ce problème devient surtout perceptible lorsqu’un signal passe par l’ordinateur et que le logiciel y ajoute une mémoire tampon.
La solution consiste à effectuer le monitoring sans passer par l’ordinateur. De nombreuses interfaces audio disposent d’un bouton prévu à cet effet, généralement appelé « direct monitor » : le signal du micro est envoyé directement vers votre casque, avant même d’entrer dans l’ordinateur. Si vous vous entendez en écho, c’est que vous écoutez via le logiciel et qu’il faut actionner ce bouton.
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Plusieurs invités autour de la table : l’amplificateur casque
Avec une seule sortie casque, vous irez loin tant que vous êtes seul. Avec deux ou trois invités, ce n’est plus le cas. Un petit câble répartiteur passif divise le signal, mais aussi la puissance : plus il y a de casques branchés, plus chacun sonne faiblement. Et puis il y a l’éternel débat sur le volume : l’un veut à peine s’entendre, l’autre presque à en devenir sourd.
Un amplificateur casque résout ces deux problèmes. Vous le branchez sur la sortie casque de votre table de mixage ou de votre interface, et chaque sortie dispose de son propre bouton de volume. Il existe des modèles compacts à quatre sorties alimentés par un adaptateur secteur, ainsi que des versions à six canaux avec réglage de tonalité par canal. Un volume dédié pour chaque invité peut sembler un luxe, mais c’est ce qui fait la différence entre un invité qui parle de façon détendue ou non.
Tout cela ne fonctionne que si tous les micros arrivent dans la même table de mixage ou la même interface, sinon vous ne vous entendez pas les uns les autres. Une interface ou table de mixage dotée de plusieurs entrées micro constitue donc la base sur laquelle vous branchez ensuite l’amplificateur casque.
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