Cajón ou djembé : quel tambour à main est fait pour vous ?

Cajón ou djembé : ce sont les deux tambours à main les plus populaires, et pourtant ils sont très différents. L’un est une caisse en bois, l’autre un tronc d’arbre évidé sur lequel est tendue une peau. Lequel convient le mieux à un groupe, à un feu de camp ou à des cours ? Je possède moi-même un djembé et un cajón, et je les utilise chacun dans des contextes différents.

Cajón ou djembé : quel tambour à main est fait pour vous ?
Cajón

Une boîte et un tronc d’arbre : son et origines

Cajón signifie « boîte » en espagnol, et c’est exactement ce qu’il est. L’instrument vient du Pérou, où les esclaves jouaient leurs rythmes sur les caisses qu’ils avaient sous la main. Frappez au centre de la surface de jeu et vous entendrez un son grave et profond, presque comme une grosse caisse. Tapez en haut, près du bord, et vous obtiendrez un claquement sec, proche de celui d’une caisse claire. Ce n’est pas pour rien que les musiciens parlent d’une batterie dans une boîte.

Le djembé vient d’Afrique de l’Ouest, de la région mandingue autour du Mali. Traditionnellement, il s’agit d’un morceau de bois dur évidé recouvert d’une peau de chèvre, tendue à l’aide de cordes. Aujourd’hui, on trouve aussi des fûts en fibre de verre, des peaux synthétiques et des systèmes de tension à vis ou à câbles. Le bois offre un son plus plein et plus chaleureux, la fibre de verre un son plus sec et plus puissant.

Et c’est là que réside la grande différence. Le cajón est le jean de la percussion : il va avec presque tout, du flamenco au répertoire auteur-compositeur, de la pop aux musiques du monde. Le djembé serait plutôt une veste orange. Vous ne passez pas inaperçu avec, mais dans un petit groupe de pop acoustique, il sonne un peu trop africain selon les joueurs expérimentés. Parfois, c’est voulu, parfois non.

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Cajón ou djembé : quel tambour à main est fait pour vous ?
Djembé

Technique de jeu et courbe d’apprentissage

Le cajón se joue assis, la surface de jeu entre les genoux. Inclinez-le légèrement vers l’arrière : l’angle de la surface de jeu correspond ainsi mieux à la position naturelle de vos bras et de votre dos. Le son grave se trouve au centre, le claquement sur le bord supérieur. Un quart d’heure d’entraînement suffit pour en tirer un rythme de base.

Le djembé se joue à mains nues, assis ou debout, et c’est là que le vrai travail commence. Obtenir une frappe nette et claire ne va pas de soi : frappez juste un peu à côté et le son devient sourd, à moins que vos mains ne soient déjà rouges au bout de dix minutes. Dans l’univers du djembé, deux camps s’affrontent : les puristes, qui ne jouent que des rythmes ouest-africains, et les musiciens qui l’utilisent dans tous les styles. Les deux s’accordent pourtant sur un point : commencez par la tradition ouest-africaine, car ce que vous y apprenez vous servira partout.

Vous voulez rapidement quelque chose d’exploitable pour la répétition de la semaine prochaine ? Dans ce cas, le cajon est votre meilleur choix. Vous préférez travailler votre frappe pendant quelques mois pour un instrument qui s’entend jusque dans les moindres recoins ? Choisissez le djembé. Dans les deux cas, inutile de savoir lire la musique.

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Cajón ou djembé : quel tambour à main est fait pour vous ?

Volume et polyvalence : groupe, feu de camp, église et cours

Concernant la puissance , je serai bref : le djembé l’emporte. Un soliste se fait entendre sans effort au-dessus d’un ensemble de percussions complet, et même sur une scène sans micros, il porte mieux qu’un cajón. Le cajón est plus discret, et dans un salon ou à côté d’une guitare jouée en douceur, c’est plutôt un avantage qu’un inconvénient.

En groupe la tendance s’inverse. Pour des concerts pop ou rock acoustiques légers, la plupart des percussionnistes expérimentés optent pour le cajón, car il remplace la batterie. Jouez avec un chanteur-guitariste et personne ne regrettera l’absence de batteur. Le djembé n’y trouve sa place que si vous recherchez délibérément ce son africain.

Autour du feu de camp il y a beaucoup de monde, du bruit et un feu qui crépite. Un djembé passe sans problème par-dessus tout cela, vous pouvez en jouer debout et il invite tout le monde à taper dans les mains. Dans ce genre de situation, un cajón se révèle décevant, car bien trop faible.

Et pour les offices religieux ? Un cajon sonne comme une batterie simplifiée : une basse profonde au centre (comme une grosse caisse) et un claquement proche de la caisse claire sur les bords. Il convient donc très bien aux chants de louange modernes, qui sont au fond des morceaux pop. Vous pouvez aussi facilement doser le volume, ce qui est pratique dans une église très réverbérante.

Enfin, les cours collectifs. Le djembé est à l’origine un véritable instrument de groupe. Les rythmes traditionnels se composent de plusieurs parties qui s’imbriquent : un groupe joue un motif de base, un autre un contre-rythme, et le professeur joue des solos ou des signaux par-dessus. Même lorsque tout le monde joue des choses simples, le résultat sonne déjà fantastique, et c’est extrêmement motivant.

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Cajón ou djembé : quel tambour à main est fait pour vous ?
Bongos

Bongos

Les bongos sont deux petits tambours reliés l’un à l’autre, que l’on cale entre ses genoux. Ils viennent de l’univers afro-cubain et sont associés à la salsa et aux styles apparentés. Leur son est aigu et vif, avec peu de basses. Ils constituent donc un complément plutôt qu’un substitut : sympas à côté d’un cajón ou au sein d’une section de percussions, mais à eux seuls, ils ne suffisent pas à porter un petit groupe acoustique.

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