Devenir ingénieur du son : bien démarrer
Publié le mardi 11 août 2026
L’ingénieur du son est peut-être la personne la plus sous-estimée des productions musicales. Pourtant, pour les musiciens, il est indispensable de rester en bons termes avec ces travailleurs acharnés. Un ingénieur du son a en effet une très grande influence sur la qualité du son en salle et sur scène – c’est pourquoi on l’appelle aussi « le membre supplémentaire du groupe ». De plus en plus de personnes en prennent conscience, et les formations en son se remplissent. Mais de quoi avez-vous besoin pour devenir ingénieur du son et, plus important encore, pour devenir un bon ingénieur du son ?
Comment commencer ?
Pour ce sujet, nous avons interrogé notre spécialiste produit Martijn. Il passe ses journées à assurer le son pour un grand nombre d’artistes, très variés. Martijn a joué pendant des années dans un groupe, mais il était aussi extrêmement intéressé par la technique qui se cachait derrière tout cela. C’est pourquoi il a commencé une formation d’ingénieur du son au Grafisch Lyceum à Rotterdam. Martijn : « Lors de ma dernière année, j’ai fait un stage à De Spot, une salle de concerts à Middelburg. Au moment où j’ai commencé à mixer les retours sur scène, j’en ai été certain : c’est ce que je voulais faire pour le reste de ma vie. Faire un mix de retours, c’est quelque chose de très personnel pour un artiste ; je me suis senti, grâce à ça, faire partie du groupe. » Peu de temps après, Martijn était technicien front-of-house et assurait le son pour, entre autres, la star hip-hop Typhoon. Il est aussi parti à Londres avec le groupe Swamp Machine pour les mixer au légendaire Forum theater.
Conseils du professionnel
Pour vous assurer de proposer le meilleur show possible en tant qu’ingénieur du son, Martijn a trois conseils. Pour commencer : soignez la préproduction ; un bon départ, c’est déjà la moitié du travail. Martijn : « Assurez-vous toujours de savoir à l’avance quel matériel le groupe apporte, afin de pouvoir régler votre propre gear en conséquence. Écoutez des morceaux du groupe avant le concert pour vous faire une idée de la musique. Une bonne préproduction vous laisse plus de temps pour peaufiner le son, car le temps est toujours compté. » Le deuxième conseil de Martijn : « Si vous voulez toujours apporter votre touche unique au son, emportez votre propre outboard, comme des compresseurs, limiteurs, reverbs, delays ou des effets de modulation. » Enfin, il souligne l’importance de la protection auditive : « Il est extrêmement important de la porter en permanence, car vos oreilles sont mises à rude épreuve. Surtout quand vous devez mixer des groupes plus “musclés”. Idéalement, choisissez des bouchons moulés sur mesure : ils filtrent le son de manière plus fidèle. »
De quoi un ingénieur du son a-t-il besoin ?
En tant qu’ingénieur du son, vous avez besoin d’un bon équipement. Martijn : « Un multitool est indispensable : vous réparez souvent des câbles et vous coupez des serre-câbles. Une lampe torche est aussi un must absolu dans une salle sombre. Un testeur de tension est nécessaire pour savoir si vos câbles fonctionnent encore et pour détecter d’éventuelles ruptures. L’équipement d’un ingénieur du son n’est pas complet sans un set de micros pour la batterie et les amplis. Un rouleau de gaffa est pratique pour faire office de bande d’étiquetage des canaux sur la console ou pour fixer des câbles sur scène. Lorsqu’un groupe joue avec des in-ear monitors, il est conseillé d’en acheter aussi un set : vous entendez ainsi exactement le même mix que les musiciens. Idéal si vous devez faire un mix personnalisé pour le groupe. Enfin, vous avez besoin d’un flightcase pour protéger votre gear et la transporter facilement d’un point A à un point B. »
Entraîner vos compétences
Une oreille entraînée est essentielle lorsque vous construisez un mix : vous devez être capable de distinguer les fréquences. La manière la plus simple de vous entraîner partout, sans trop d’efforts, est d’installer le logiciel Train Your Ears, disponible contre paiement dans l’app store. En plus, il est important d’aller sur le terrain aussi souvent que possible : demandez par exemple si vous pouvez mixer le son lors d’un tremplin local. Si vous êtes ami(e) avec un ingénieur du son, accompagnez-le/la. Si ce n’est pas le cas, faites en sorte de le devenir !
Voir également
» Ingénieur du son live et groupe – choses à faire et à ne pas faire pour une bonne collaboration
» Pourquoi privilégier le gaffer et non le Duct Tape ?
» Comment empêcher la rupture des câbles ?







Pas encore de commentaires ...