Acheter un ocarina : quel type et combien de trous choisir ?

Acheter un ocarina semble simple : une petite flûte avec des trous, et le tour est joué. Pourtant, bien des choses peuvent mal tourner, des souvenirs injouables à un doigté qu’il vous faudra ensuite désapprendre. Mon conseil en une phrase : commencez par un 12 trous en do en plastique, et ne vous intéressez à la céramique qu’une fois devenu accro. La suite explique pourquoi.

Quel genre de flûte est l’ocarina, au juste ?

L’ocarina est une flûte globulaire : une flûte dotée d’une chambre de résonance fermée au lieu d’un tube ouvert. Sur une flûte à bec ou un tin whistle, l’air traverse un tube avant de ressortir ; sur un ocarina, il reste prisonnier d’une cavité creuse et ne s’échappe que par les trous. Les physiciens appellent cela un résonateur de Helmholtz. Moi, j’appelle ça la raison pour laquelle l’ocarina sonne si rond et si creux, comme lorsqu’on souffle sur le goulot d’une bouteille vide, mais avec des notes en prime.

Cette petite chambre fermée explique aussi pourquoi les ocarinas existent sous toutes les formes. La hauteur du son dépend uniquement du volume de la chambre et de la surface totale des trous ouverts, et non de savoir quels trous sont ouverts. C’est pour cela que les trous d’un bon ocarina sont de tailles différentes. L’ocarina occidental moderne a été inventé en Italie au milieu du XIXe siècle par Giuseppe Donati, même si les Chinois et les peuples de Méso-Amérique jouaient déjà de flûtes similaires bien avant. La forme traversière est parfois surnommée « patate douce » ; il suffit d’en tenir une en main pour comprendre pourquoi.

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6, 10 ou 12 trous : quelle différence ?

Plus il y a de trous, plus la tessiture est étendue. L’ocarina traversier classique compte 10 ou 12 trous : une rangée de trous pour les doigts sur le dessus et deux trous pour les pouces en dessous. Un 12 trous en do couvre 21 notes, de A4 à F6 (en notation internationale), dièses et bémols compris. Il est donc entièrement chromatique : vous n’êtes pas limité à une seule gamme.

Le 10 trous utilise le même doigté de base, mais il lui manque les deux petits trous qui permettent de descendre sous la tonique. Pour la plupart des mélodies, vous n’en aurez pas besoin ; personnellement, je n’y ai quasiment pas touché pendant les six premiers mois. Je vous conseille tout de même de les avoir. C’est comme une calculatrice avec une touche racine carrée : vous ne vous en servez pas les premiers mois, mais vous apprécierez de l’avoir sous la main le jour où un morceau l’exige.

Le 6 trous, c’est une autre histoire. On le trouve surtout sous forme de pendentif au bout d’un cordon, et ce type d’ocarina fonctionne avec son propre système de doigté, avec quatre trous sur le dessus. Ce système s’apprend à part et ne se transpose pas sur un 10 ou un 12 trous. Sympa autour du cou, et vous pouvez vraiment faire de la musique avec, mais si vous voulez apprendre sérieusement, c’est un détour.

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Céramique ou plastique ?

La céramique, c’est la tradition ; le plastique, c’est la raison. L’argile et la terre cuite sont les matériaux d’origine et sont agréables en main. Mais qu’un tel modèle tombe une seule fois de la table, et la fête est finie. Le plastique est plus léger, survit à votre sac à dos, se nettoie facilement et sort d’usines au contrôle qualité plus rigoureux. Sa qualité a fait d’énormes progrès ces dix dernières années, et un bon modèle coûte quelques dizaines d’euros. Le bois, le verre et le métal, c’est pour quand vous savez déjà ce que vous voulez.

Méfiez-vous des ocarinas en céramique bon marché vendus comme souvenirs ou comme répliques d’un célèbre jeu vidéo. Beaucoup d’entre eux sont injouables. Le test le plus rapide : si tous les trous du dessus ont la même taille, c’est un objet décoratif. Un véritable instrument possède des trous de tailles différentes, en raison de cette fameuse surface totale. Avant d’acheter, écoutez des extraits sonores ou lisez des avis, car la justesse varie d’une marque à l’autre, et parfois d’un exemplaire à l’autre.

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Tonalité : commencez en do, et en combien de temps jouerez-vous quelque chose ?

Pour votre premier ocarina, choisissez un alto en do. Non pas parce que le do aurait quelque chose de magique, ni à cause du doigté : celui-ci est le même sur tous les ocarinas traversiers, qu’ils soient en do, en sol ou en fa. Vous bouchez les trous principaux pour obtenir la tonique (sur un 12 trous, vous laissez alors ouverts les deux petits trous inférieurs) et chaque trou que vous ouvrez vous fait monter dans la gamme. La vraie raison est plus simple : la quasi-totalité des méthodes et des partitions sont écrites pour un ocarina en do, vous n’avez donc rien à transposer.

En combien de temps jouerez-vous quelque chose ? Plus vite que sur presque n’importe quel autre instrument que j’ai essayé. Vous soufflez, vous bouchez des trous, et une note sort. En moins d’une heure, vous jouez un petit air simple. La difficulté se situe au niveau du souffle. L’ocarina réagit à la pression de l’air : soufflez trop fort et la note monte trop haut ; trop doucement, et elle baisse. Vous apprenez ainsi naturellement à écouter votre propre justesse, ce dont plus d’un guitariste pourrait s’inspirer (moi le premier).

Comparez avec l’harmonica : là aussi, presque tout le monde commence en do, puis finit par acheter un deuxième modèle dans une autre tonalité quand un morceau l’exige. Ne commencez donc pas par un sol ou un fa sous prétexte que le son est joliment grave. Il faut apprendre à marcher avant de danser.

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