Technique et équipement : Stevie Ray Vaughan
Publié le mardi 18 août 2026
Cet article est dédié à Stevie Ray Vaughan (3 octobre 1954 – 27 août 1990), l’un des guitaristes de blues les plus appréciés de la fin du siècle dernier. Avec son groupe Double Trouble, il a été l’un des moteurs du revival blues des années 80. Plus de 20 ans après sa disparition tragique, son influence se fait toujours sentir.
Dans cet article, nous aborderons d’abord sa technique de jeu. Comme votre auteur sait l’expliquer mais qu’il est aussi terriblement timide, il n’apparaîtra pas dans les vidéos d’instruction. Nous vous renverrons donc vers des clips YouTube pédagogiques réalisés par des tiers. (Pour des raisons de droits d’auteur, il n’est pas possible d’intégrer les vidéos directement dans l’article.) Enfin, nous parlerons du matériel de Stevie Ray Vaughan et de la meilleure façon d’approcher son son en termes d’équipement, avec différents budgets.
Technique de jeu
Quand on parle de la technique de Stevie Ray Vaughan, il est difficile de ne pas évoquer aussi un peu le matériel. Stevie jouait en effet avec des cordes très épaisses, « thick as barbed wire » comme on dit, des tirants en 0.13 mm (Voir également l’article tirant des cordes). Cela dit, il n’est pas recommandé de passer d’emblée à un tirant identique. D’une part, c’est très exigeant à jouer ; d’autre part, l’augmentation importante de la tension peut avoir des conséquences fâcheuses pour votre guitare. Pour le Texas Shuffle typique de Stevie, le principe reste toutefois « plus c’est épais, mieux c’est ». Une part essentielle de son jeu consiste à étouffer les cordes avec la main gauche (au lieu du paume de la main droite). Il attaque les cordes, mais les étouffe avec la gauche. On obtient ainsi une sorte de son râpeux (rake). Avec une tension trop faible, vous risquez d’enfoncer certaines cordes trop profondément et de les faire sonner involontairement.
Autre point à noter : Stevie Ray Vaughan accordait presque toujours sa guitare un demi-ton plus bas. De cette manière, tout sonnait encore un peu plus rugueux. Pour retrouver la même sensation et le même groove, ce n’est toutefois pas indispensable : vous pouvez simplement suivre la tablature originale. En revanche, si vous voulez jouer en accordage standard en même temps que ses albums, cela devient plus compliqué. Là aussi, il existe des solutions. Voici par exemple une backing track de « Pride and Joy » en mi.
Vous trouverez ci-dessous plusieurs liens vers des vidéos d’instruction pour Pride & Joy, l’un des titres phares de Stevie Ray. On y retrouve toutes ses caractéristiques : rythme Texas Shuffle, rakes, double-stops et utilisation efficace de la gamme blues. Par simplicité, les explications sont en mi. Rendez-vous service et apprenez à jouer la gamme blues sur l’ensemble du manche. Il suffit d’écouter le solo de Pride and Joy : des licks blues en position 12 sont complétés sans effort par des double-stops et des bends en position ouverte. Si vous restez bloqué sur une seule « blues box », vous n’obtiendrez jamais la variation indispensable.
1. Complet, 2. Intro, 3. 1ers 12 mesures, 4. couplet, 5. Solo principal, Outro
Gear Talk
Stevie Ray Vaughan jouait, tout comme son frère Jimmy, sur une Fender Stratocaster. Il en possédait bien sûr plusieurs, mais le modèle le plus connu reste sa No.1 (aussi surnommée la « first wife » de Stevie). Une sorte de guitare Frankenstein, avec un manche de 1962 et un corps de 1963. Sur cette guitare, le vibrato était monté à l’envers (version gaucher) ; ce n’était pas bien grave, puisqu’il l’utilisait rarement. La Fender Stevie Ray Vaughan Stratocaster est basée sur la No. 1 de Stevie. Détail important : le manche avec touche en palissandre (rosewood), qui donne une sonorité plus chaude qu’une touche en érable (maple). Les micros utilisés avaient un niveau de sortie élevé (« hot ») et, comme Jimi Hendrix, Stevie utilisait le plus souvent le micro manche. Contrairement à l’usage, Stevie se servait des amplis Fender pour ses sons overdrive et des Marshall pour ses sons clean. Dans cet article, nous nous limitons aux sons drive (live). Stevie a explosé avec des Fender Vibroverb, Super Reverb et Twin Reverb. En 1990, les Super Reverb avaient été remplacés par deux ’59 Bassman.
Comparé à d’autres guitaristes, Stevie utilisait relativement peu de pédales. Pour la drive, il employait une Ibanez Tube Screamer (les avis divergent encore sur la question de savoir s’il s’agissait d’une TS-808 ou d’une TS-9). La TS était réglée avec le volume à fond et le gain faible. Pour Cold Shot et Couldn’t Stand the Weather, il utilisait un Fender Vibratone, un cabinet à haut-parleur rotatif, comparable à un Leslie modèle 16. Pour ses reprises de Hendrix, Stevie disposait d’une Vox Wah et d’une Arbiter Fuzz Face classique (quand elle fonctionnait, car les exemplaires d’époque étaient, contrairement aux modèles Fuzz Face actuels, très peu fiables) ou d’une Octavia.
Bref, essayons maintenant de recréer ce son.
Guitare
Évidemment, on part sur une guitare de style Strat avec une touche en palissandre. Le pack Squier Affinity Strat constitue un bon point de départ. Avec un budget un peu plus confortable, vous pouvez opter pour une Squier Classic Vibe. Si vous voulez davantage de polyvalence, vous pouvez aussi envisager une Yamaha Pacifica avec touche palissandre. Personnellement, j’apprécie beaucoup la série G&L Tribute ; comme je change souvent d’accordage, je préfère leur Tribute Asat Special (ce n’est pas exactement « Stevie style », mais c’est très pratique). À partir de 500 euros, vous pouvez choisir une vraie Fender (mexicaine). Avec la série American Standard (à partir d’environ 1 400 euros), vous tenez un classique moderne. Le Saint Graal, c’est bien sûr la Fender Stevie Ray Vaughan, basée sur sa légendaire No. 1.
Effets
Il n’est pas très logique d’acheter une Tube Screamer pour la mettre devant un ampli à transistors. Le nom le dit : « tube screamer ». La TS donne à l’ampli à lampes ce petit coup de pouce qui fait « crier » les lampes. Dans un ampli à transistors, il n’y a pas de lampes… que faire ? Une bonne option consiste à acheter une pédale d’effets avec modélisation. Votre auteur est lui-même complètement fan de la Zoom G3X. Avec la Zoom G3X, vous disposez de plusieurs effets et de modélisations d’amplis dans une pédale compacte. En ampli, réglez par exemple la FD Combo, Deluxe R ou la FD vibro. (voir illustration) En effets, choisissez la T-Scream (gain sous la moitié, volume à fond). S’il pleut et que vous avez envie de jouer « Couldn’t Stand the Weather », il vous reste encore un slot d’effet : prenez « the vibe ». Si vous branchez la G3 sur un ampli, réglez celui-ci le plus neutre possible. Avec le pack de démarrage Squier et la Zoom G3, vous êtes opérationnel pour moins de 350 euros. Si vous avez un ampli à lampes (6L6), il vaut la peine de chercher une bonne pédale de drive. Bien sûr, vous pouvez partir sur la Ibanez TS808 ou la TS9. Autre option : la Visual Sound Route 66 avec compresseur. La Digitech Bad Monkey est souvent citée comme une alternative abordable et efficace.
Amplis
Comme indiqué plus haut, avec un petit ampli à transistors, il faudra passer par une pédale d’effets/de modélisation. Sur des modèles un peu plus chers avec modélisation d’ampli intégrée, réglez évidemment l’ampli sur un modèle Fender. Les amplis de modélisation de Fender ont l’avantage de pouvoir utiliser leurs noms officiels au lieu d’équivalents, ce qui simplifie les réglages. Chez Line 6, les amplis Fender portent des noms comme « Twang Green » et « Blues Green » ; consultez le manuel ou leur site pour les détails. Avec un Roland Cube, vous avez trois options : le réglage Blackface, Tweed, ou le mode « Dyna-Amp ». Comme son nom l’indique, celui-ci simule un ampli (à lampes) dynamique. Avec un budget un peu plus large, dès 200 euros, vous pouvez déjà choisir un ampli à lampes au caractère Fender (6L6 ou 6V6). La Gretsch Electromatic au look vintage, par exemple, possède des lampes de puissance 6V6. Certes, la Blackstar HT1-R, plus polyvalente, utilise des lampes ECC82, mais grâce à la fonction ISF, vous pouvez la régler pour qu’elle réagisse comme un classique américain. Dans les gammes de prix supérieures, vous pouvez aussi choisir une Blackstar polyvalente. Autour de 750 euros commencent les amplis Fender avec lampes 6L6. Si vous avez le blues parce que vous venez de gagner au Loto, alors faites-vous livrer (en une seule fois) un Fender Vibro King, un Twin Reverb et un ’59 Bassman.
Pour conclure
Ce n’est bien sûr qu’un aperçu des possibilités. Le mot-clé de ce type de configuration est : dynamique… Vous n’avez pas besoin de posséder exactement les mêmes amplis/pédales pour obtenir un son comparable. L’objectif est de régler votre ampli (et votre pédale de drive) l’un par rapport à l’autre pour que, avec une attaque douce, le son reste aussi clean que possible, et que, quand vous jouez plus fort, vous obteniez un drive rugueux. Vous contrôlez donc le degré de saturation par votre jeu. Les effets rotary, wah et fuzz sont optionnels.











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