Writersblock

C’est toujours une belle excuse pour tous ces compositeurs et auteurs-compositeurs qui ne trouvent rien à inventer : le blocage de l’écriture ! Je vous le dis ici : le blocage de l’écriture est un choix, et vous pouvez toujours vous forcer à aller vers l’inspiration et les idées. Voici cinq conseils, tout simplement ; et vous verrez, essayez donc : ça marche !

1 – Regardez un documentaire

Allumez la télévision ou rendez-vous sur YouTube. Il existe toujours d’excellents documentaires à regarder, et la plupart ne durent pas plus d’une heure ; cela ne vous prendra donc pas trop de temps. En regardant un documentaire, quel qu’en soit le sujet, vous obtenez un aperçu approfondi d’un thème précis : tous les détails, sous tous les angles. Les documentaires sont également riches en musique, ce qui renforce l’ensemble des suggestions et de l’atmosphère que le réalisateur cherche à créer. Le sujet importe peu : il peut s’agir de voitures futuristes, de récifs coralliens ou d’ours polaires — de n’importe quoi — pourvu qu’il y ait une histoire. Pendant le visionnage, prêtez attention à la structure, aux sous-thèmes, et observez comment la musique interprète ces éléments.

2 – Un texte comme source de paroles

Les paroles et les notes ont généralement un lien indissociable. Si vous êtes un peu bloqué(e) côté notes, peut-être pouvez-vous commencer par le texte. Et pour cela, il suffit de « piocher » un texte quelque part. Il n’a vraiment pas besoin de tomber tout de suite sur une métrique, ni même d’être un texte définitif : au départ, il s’agit surtout d’une idée. Pour montrer à quel point ça peut être simple, imaginons que vous discutez via Google et que vous avez une petite fenêtre Hangouts sous les yeux.

« Bax-shop n’est peut-être pas disponible sur Hangouts pour le moment. Il verra vos messages plus tard. »

Forcez-vous maintenant à lire, de manière mélodique, cette source d’inspiration plutôt bizarre. Vous pouvez tout à fait changer un mot si, par exemple, vous avez une syllabe de trop ou de moins.

Aligné :

Bax-shop * n’est peut-être * sur Han-gouts * pour le mo-ment * *

Il ver-ra vos mes-sa-ges * plus * tard * * * *

Avec un * comme silence, cela signifie qu’il y a quatre syllabes par ligne, avec (par hasard) l’accent sur le premier temps à chaque fois. En lisant ces couplets, quelque chose va sûrement apparaître au niveau de la mélodie. Et c’est comme ça que ça fonctionne ! Pas de « blocage » : parfois, il ne faut pas trop réfléchir, il faut juste faire quelque chose ! Une fois la mélodie prête, vous pouvez y mettre un vrai texte… à moins que vous ne teniez absolument à ce que Bax-shop finisse dans le Top 50 !

3 – Image aléatoire

C’est en fait assez comparable au documentaire, mais avec le potentiel d’être un peu plus abstrait. Dans un documentaire, vous voyez des images en mouvement et vous êtes, en quelque sorte, concentré(e) sur le sujet principal. Vous n’avez tout simplement pas le temps d’enregistrer tous les détails. Avec une image fixe, en revanche, vous pouvez les absorber. En plus du sujet principal, vous pouvez aussi étudier l’arrière-plan. Si l’image montre une personne, vous pouvez aussi observer sa tenue. Beaucoup de détails de ce type peuvent raconter leur propre histoire. Pourquoi porte-t-elle ces vêtements ? Pourquoi se trouve-t-elle dans la forêt ? Pourquoi regarde-t-elle devant elle d’un air triste ? Quel temps fait-il sur cette image, quelle saison cela pourrait-il être ? L’essence de ce conseil, c’est de commencer à vous poser des questions et d’inventer vous-même des réponses. Ainsi naissent des histoires, et les histoires, vous pouvez les transformer en musique. Les compositeurs de musique de film font ça tous les jours, et c’est bien normal : avec le temps limité qu’ils ont pour un film, il ne peut pas y avoir de blocage. Bref : prenez le temps, puis procédez comme indiqué dans le conseil sur le documentaire.

4 – Mot aléatoire

Une mélodie a des temps forts ; vous pouvez donc en tirer parti à partir des syllabes d’un mot ! Prenez un mot au hasard, par exemple « marionnette ». Encore un ? Spray antimoustiques ! Prononcez le mot (ou l’expression) et essayez de le faire de façon mélodique. Qu’entendez-vous ? Voilà : une mélodie ! Il se pourrait bien que les compositeurs de musique de film utilisent aussi ce petit truc. Revenons un instant en arrière : le film Superman (1978), avec une musique de John Williams. Vous vous en souvenez ? Paaaam pampampam paaaam, pam pam paaaam. Paaaam pampampam paaaam, Su per man. Écoutez tout en bas de cet article : vous l’entendez ! De quoi donner zéro chance au blocage !

5 – Combinaison de chiffres aléatoire

82346373. Cette bouillie de chiffres est apparue en appuyant à l’aveugle sur les touches numériques du clavier. Ce conseil est bien plus abstrait que les précédents, mais il peut donner des résultats surprenants. Transformez-les en hauteurs de notes (plus le chiffre est grand, plus la note est aiguë). Transformez-les en deltas (+8 -6 +1 +1 +2 -3 +4 -4), et vous pourrez peut-être appliquer ces deltas à des notes. Autre idée : parcourez le « steptime » de gauche à droite à travers les chiffres : à chaque chiffre pair, vous inventez une note ; un chiffre impair signifie un silence. Vous pouvez même agrandir la séquence en écrivant une nouvelle suite, contenant le carré de chaque chiffre de la première liste. Vous obtenez ainsi de nouveaux chiffres avec lesquels jouer.

Les possibilités sont infinies ! L’essentiel, c’est que l’univers déborde d’idées. La question n’est pas de savoir comment vous inventez une mélodie à partir de zéro, mais comment vous saisissez une possibilité mélodique quand elle passe juste devant vous. Ne laissez aucune chance au blocage : prenez de la hauteur !

Vous avez d’autres méthodes ? Ou venez-vous d’essayer quelque chose parmi ce qui précède ? Dites-le-nous ci-dessous !

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