Klinker-problemen bij het zingen (en oplossingen)

Dans cet épisode de la série sur la technique vocale, nous allons parler des voyelles. Ou plutôt, de la prononciation des voyelles. Vous rencontrez toujours les mêmes problèmes en chantant, surtout sur les notes aiguës ? Alors, il se pourrait bien que cela vienne de votre prononciation des voyelles.

Le texte de cette page provient de Alfons Verreijt, développeur de la méthode VocalFeedback et auteur du livre De Essentie van de Stem.

Attention

  • Il peut être utile de commencer par lire notre article sur la diction, la prononciation et articulation.
  • N’essayez pas les techniques ci-dessous seul(e) : associez toujours ces connaissances à des cours de chant. Même quelques cours valent mieux que rien. Cela vous évitera a) de vous retrouver bloqué(e) et b) d’endommager vos cordes vocales.

Des voyelles qui changent

Chantez (avec compression) sur une hauteur moyenne pour vous et à un volume moyen, un « ie » bien clair, puis chantez une gamme vers l’aigu. Si, sur les notes aiguës, vous voulez absolument conserver ce « ie » tel quel, vous finirez par atteindre une sorte de limite. Vous sentez que quelque chose change dans votre conduit vocal. À ce moment-là, vous basculez en effet du chant avec compression vers le chant sans compression. Votre voix sonne alors différemment. Vous voulez éviter cela ? Dans l’aigu, il faut laisser le « ie » évoluer vers un « i ». En faisant cela, vous pouvez garder la compression plus haut dans la tessiture et conserver le timbre de votre voix. En chant, la prononciation des voyelles est un point d’attention important. La prononciation des voyelles peut poser des problèmes aux chanteurs. Chaque voyelle demande une position particulière du conduit vocal. Or, en chant, cette position ne peut pas toujours être maintenue, surtout dans l’aigu. Supposons que vous essayiez malgré tout de conserver la prononciation d’origine d’une voyelle sur chaque note. Plusieurs choses se produisent alors, au détriment de votre chant. D’abord, vous accumulez de la tension dans le conduit vocal, mais aussi dans les muscles autour. Cette tension s’entend dans la voix. La voix se « rigidifie » en quelque sorte : le son devient raide, fin et strident. Cette crispation se répercute sur l’inspiration suivante, et la phrase suivante ne sonne déjà plus bien. Vous entrez dans un cercle vicieux, et vous chantez de moins en moins confortablement. Si vous faites cela longtemps, vous pourriez même développer des problèmes vocaux.

Avec et sans compression

Pour éviter les problèmes cités ci-dessus, vous devez lâcher la sonorité d’origine des voyelles quand vous montez. Au-delà des arguments techniques, il y a aussi des considérations artistiques concernant la prononciation des voyelles et le timbre. En pop, on chante le plus souvent avec compression. Cela vient notamment du fait que la pop a ses racines dans les régions anglophones, et qu’en anglais (surtout en américain) on parle souvent avec compression. Cela s’est prolongé dans le chant. Les chanteurs pop veulent généralement conserver cette compression le plus longtemps possible, y compris dans l’aigu. Mais pour y parvenir, il faut accepter de lâcher la prononciation d’origine de certaines voyelles. Dans le quatrième épisode de cette série, nous avons expliqué en détail le chant avec et sans compression. Nous le rappelons ici brièvement, car c’est un sujet important, surtout en lien avec la prononciation des voyelles. Pour produire du son, les cordes vocales doivent être mises en contact. Cela peut se faire de différentes façons. Si, en chantant, les cordes vocales se contractent en même temps que les muscles qui les rapprochent (les adducteurs), on appelle cela le mode actif, autrement dit chanter avec compression. Les cordes vocales sont donc activement impliquées (tension interne) dans le son et la hauteur. À côté de ce mode actif, il existe un mode passif. Les cordes vocales sont alors aussi mises en contact, mais uniquement par l’action des muscles environnants (les adducteurs). Les cordes vocales elles-mêmes restent détendues. Le chant dans ce mode passif s’appelle chanter sans compression. Donc : avec compression, ce sont les cordes vocales elles-mêmes qui se mettent en contact (mode actif). Sans compression (mode passif), ce sont les muscles environnants qui les rapprochent, tandis que les cordes vocales restent détendues. Chanter avec et sans compression donne à chaque fois un son spécifique. Chacun a aussi ses limites, en dynamique comme en hauteur. Vous le voyez dans le tableau ci-dessous. Si vous suivez cette série, ce tableau vous sera familier. Mais nous l’avons maintenant enrichi : tout en bas, vous voyez ce qui se passe avec les voyelles lorsque vous chantez aigu.

Des voyelles « contraignantes »

C’est surtout en chantant avec compression que vous rencontrez des problèmes de voyelles quand vous montez. Si vous voulez conserver au maximum la sonorité d’origine de la voyelle dans l’aigu, vous devez, à un moment donné, passer du chant avec compression au chant sans compression. La voyelle vous « oblige » donc à changer de mode, et votre voix change soudainement de couleur. Il peut même arriver que votre voix décroche involontairement. Normalement, vous ne le souhaitez pas : vous voulez choisir vous-même comment votre voix sonne. Vous ne voulez pas être contraint(e) à un timbre particulier parce que vous voulez prononcer les voyelles le plus « correctement » possible. Une chanteuse comme Christina Aguilera garde la compression très haut dans l’aigu. Elle y parvient en adaptant la prononciation des voyelles. Parfois, sur les notes aiguës, elle relâche la compression, et sa voix change soudainement, devenant un peu plus rauque. C’est probablement un choix artistique. On observe quelque chose de similaire chez Shakira. Elle alterne souvent entre chant avec et sans compression, en relâchant très brièvement la compression à la fin des phrases. Son chant frôle alors parfois le yodel. Là encore, très probablement un choix artistique. Il existe une chanteuse extrêmement connue, qui possède une technique si solide qu’elle peut rester très loin dans l’aigu assez proche de la prononciation « d’origine » des voyelles. Cette chanteuse, c’est Céline Dion. « Elle y parvient grâce à une technique de respiration remarquable et une excellente condition », explique le coach vocal Alfons Verreijt. « Elle inspire juste ce qu’il faut, ce qui met moins de pression sur la voix. Avec moins de pression, les voyelles restent plus proches de leur prononciation initiale. Elle a aussi un très bon soutien : elle n’a presque pas besoin d’ouvrir les flancs, ce qui lui laisse encore de la marge quand elle arrive sur des notes difficiles. Céline ne chante pas forcément très fort, mais avec de l’intensité. En maîtrisant le volume, elle garde mieux le contrôle de la voix et peut conserver la compression, même dans l’aigu. Et en utilisant le twang (voir l’épisode précédent), elle ajoute de l’intensité à son chant. » Nous avons abordé des thèmes comme le soutien et le twang dans les épisodes précédents de cette série.

Klinker-problemen bij het zingen (en oplossingen)
Christina Aguilera

La pionnière Cathrine Sadolin

Nous n’avons pas tous besoin de chanter comme Céline Dion. Mais vous voulez tout de même chanter avec plaisir, sans être « forcé(e) » vers une couleur de voix à cause de la prononciation des voyelles. Une personne qui a fait un travail pionnier sur ce sujet est la pédagogue vocale danoise Cathrine Sadolin. Elle est à l’origine de la célèbre Complete Vocal Technique (CVT). « Sadolin a analysé la prononciation des voyelles chez un grand nombre de chanteurs », raconte Alfons. « Elle a ainsi découvert que beaucoup de chanteurs modifient leurs voyelles quand ils montent. De cette façon, ils réussissent à maintenir le timbre. » Sadolin a donc fait une découverte importante. Ensuite, elle l’a intégrée dans une méthode où, dans l’aigu, vous remplacez certaines voyelles par « uh », « i » et « oh ». « D’un certain point de vue, c’est une solution pratique et efficace », estime Alfons. « Mais elle a aussi ses limites. En tant que chanteur, vous devez constamment garder en tête quelles voyelles se transforment en « uh », « i » et « oh ». Et aussi à partir de quelle hauteur cela doit se produire, donc où se situe le point de bascule. Autrement dit : on impose des frontières nettes, et vous devez les connaître précisément. Une difficulté supplémentaire est que, dans chaque langue, les voyelles sont différentes. C’est pourquoi j’ai commencé à réfléchir à une autre approche, plus naturelle pour les chanteurs. »

Une échelle progressive

Alfons a travaillé avec ses élèves et a développé, à partir de son expérience de terrain, sa propre méthode, qui s’appuie sur celle de Sadolin. « Grâce à cette méthode, en tant que chanteur, vous allez naturellement vers la prononciation voulue, le long d’une échelle progressive. Il n’y a donc pas de transitions abruptes, et votre corps “règle” en quelque sorte tout seul la façon dont la voyelle se modifie quand vous montez. Vous n’avez pas besoin d’y penser. » Un point essentiel est que vous ne devez pas essayer d’empêcher votre prononciation de changer à mesure que vous montez. Il faut simplement laisser faire. Avant d’aller plus loin, regardons d’abord le tableau de cette page. Vous y voyez deux modes : sans compression et avec compression. Entre les deux, la frontière est nette. À l’intérieur du chant sans compression, il existe une échelle progressive entre, d’un côté, le chant avec les bords des cordes vocales (la voix de tête classique) et, de l’autre, le chant sur toute la largeur des cordes vocales. Ce tableau a été commenté en détail dans le quatrième épisode de cette série. En bas du tableau, nous avons ajouté une nouvelle ligne. Elle montre comment les voyelles devraient évoluer lorsque vous chantez aigu. Si vous chantez sans compression avec les bords des cordes vocales, vous n’avez pas besoin d’adapter la prononciation des voyelles quand vous montez. Si vous chantez sans compression sur toute la largeur des cordes vocales, les voyelles devraient aller vers « ee » et « oo » quand vous montez. Si vous chantez avec compression, vos voyelles vont vers « i », « u » et « o » lorsque vous montez. L’important est de laisser cela se faire progressivement à mesure que vous chantez plus aigu.

Comment se l’approprier

Jusqu’ici, le principe. Passons maintenant à la pratique. Comment vous l’approprier par l’exercice ? Alfons explique : « Vous choisissez une voyelle et vous la chantez sur une hauteur moyenne pour vous et à un volume moyen. Chantez cette voyelle avec compression. Ensuite, vous chantez la même voyelle de plus en plus aigu (par exemple une gamme), tout en conservant la position de votre conduit vocal. Si vous le faites très consciemment, vous remarquez que la voyelle “glisse” d’elle-même vers une autre prononciation à mesure que vous montez. En vous entraînant ainsi, avec différentes voyelles, votre corps apprend à le faire naturellement. Vous apprenez à vous concentrer sur la position de votre conduit vocal et non sur le son exact de vos voyelles. » Mais attention, il y a un piège, prévient Alfons. « Je déconseille aux gens d’essayer cela seuls, sans l’accompagnement d’un professeur de chant. Ce professeur est nécessaire pour observer ce qui se passe chez vous. Car il y a de fortes chances que vous ne remarquiez pas vous-même que quelque chose change malgré tout dans votre conduit vocal. Ou que vous modifiiez sans vous en rendre compte votre soutien respiratoire. Ou que vous accumuliez une tension là où elle ne devrait pas. Tout cela doit être contrôlé par quelqu’un qui se tient à côté de vous et qui sait ce qu’il fait. Cherchez donc un professeur de chant si vous n’en avez pas encore. Ce professeur doit vous guider au niveau moteur : il ou elle doit pouvoir vous indiquer comment cela doit se ressentir. »

Voilà pour la prononciation des voyelles. Dans le prochain épisode, nous parlerons du chant avec effets. Pensez au growl, au grunt, à la distortion, aux cris, aux crépitements, au souffle, aux gémissements et aux hurlements.

Bon à savoir

Voyelles et justesse

Dans cet article, nous expliquons pourquoi vous ne pouvez pas conserver la prononciation d’origine des voyelles lorsque vous montez. C’est particulièrement vrai si vous chantez avec compression. Si vous essayez de prononcer certaines voyelles « parfaitement » dans l’aigu, votre compression se relâche en quelque sorte et vous basculez vers le chant sans compression. Votre timbre change alors involontairement. La prononciation des voyelles peut aussi nuire à la justesse, même si vous parvenez à rester dans le même mode (avec ou sans compression). Voici pourquoi. Chaque voyelle exige une position spécifique du conduit vocal. Donc, à chaque voyelle différente, votre conduit vocal change plus ou moins. Cela peut expliquer pourquoi vous ne chantez pas certains « sauts » d’intervalle juste, même à une hauteur moyenne. Imaginez que vous chantiez « from you » et que « from » soit un peu plus haut que « you ». Si vous prononcez « you » très littéralement comme « joe », il devient plus difficile de réaliser un saut juste entre « from » et « you ». Cela vient du fait que la position du conduit vocal sur un « o » n’est pas la même que sur un « ou ». Cela devient plus facile si vous prononcez « you » comme un son un peu entre « jù » et « jò ». Un peu plus neutre donc, comme le prononcent souvent les anglophones dans la vie courante. Dans ce cas, votre conduit vocal ne change presque pas lorsque vous passez de « from » à « you ». Le saut devient alors plus facile à réaliser juste. Vous avez déjà des problèmes de sauts d’intervalle faux entre des syllabes avec des voyelles différentes ? Rapprochez ces voyelles au niveau de la prononciation. Il y a de grandes chances que cela aille mieux.

Le volume et le chant

Cela n’a pas vraiment à voir avec la prononciation des voyelles, mais c’est suffisamment important pour être rappelé. Il s’agit du sujet « volume et chant ». « En pop, le volume est sans doute le plus gros problème des chanteurs, surtout chez les amateurs », explique le coach vocal Alfons Verreijt. « Presque tous les groupes amateurs répètent à un volume trop élevé. Et souvent, en plus, dans une petite pièce. C’est un énorme problème pour le chanteur. Il est obligé de monter le volume pour s’entendre chanter. Mais cela a une limite, car à partir d’un certain réglage, le micro se met à larsen. Plus la pièce est petite, plus cela arrive vite. » Résultat : en répétition, les chanteurs finissent par chanter aussi fort que possible pour s’entendre. En plus du risque d’abîmer la voix, cela entraîne un autre problème, qui se manifeste lors des concerts. Comme en concert la salle est souvent plus grande, l’installation différente et le chanteur dispose d’un retour, il ou elle peut au contraire très bien s’entendre. Et donc, il n’est soudain plus nécessaire de chanter fort. « C’est comme si vous jouiez soudain un autre instrument », illustre Alfons. « Comme si, en répétition, vous aviez toujours joué du clavier et que sur scène vous deviez jouer du violon. Pour les chanteurs, c’est une catastrophe, et ils se heurtent presque toujours à l’incompréhension des autres membres du groupe. Répétez donc aussi doucement que possible. Vous rendrez un immense service au chanteur, et ce sera bien meilleur pour les oreilles de tout le monde. Le chanteur pourra alors se concentrer sur le son, et non sur le fait de produire le plus de volume possible. »

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