Bax Blog sur les lampes | lampes d’amplificateur
Publié le vendredi 14 août 2026
Les guitaristes savent que les lampes influencent de manière indéniable le son. Il existe environ 25 types de lampes d’amplificateur couramment utilisés dans les amplis guitare, dont quatre que l’on retrouve très régulièrement. Passons-les en revue. 
Poussées au-delà de leurs limites
Ce que les amateurs de hi-fi détestent et que les guitaristes applaudissent, c’est le moment où les lampes (en anglais : “tubes” ou “valves”) sont poussées au-delà de leurs limites et commencent à faire saturer le son. Cette distorsion compressée et la dynamique typique des amplis à lampes résultent d’un jeu d’équilibre entre les lampes de préampli et celles de l’ampli de puissance, autrement dit l’étage de puissance.
Les lampes de préampli sont presque toujours du type 12AX7, souvent fabriquées en Chine. En Europe, on a produit des lampes jusqu’en 1980. Les équivalents de la 12AX7 y étaient désignés sous l’appellation ECC83. Dans le monde de la guitare, les débats sont animés pour savoir quel type de 12AX7/ECC83 est le meilleur, car même si la lampe est une technologie franchement dépassée, beaucoup de noms circulent : Mazda, Tungsram, Mullard, RFT. Et les pays d’origine alimentent aussi la discussion : Chine versus Russie, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Allemagne, et ainsi de suite.
En réalité, ce débat tourne autour du seuil de saturation (overdrive) et de la façon dont cette saturation sonne. C’est quelque chose de très personnel. Le mieux est de comparer vous-même. Remplacez-les par un autre modèle. Cela peut aussi être une ECC82, une ECC803, ou même une 12AY7. De toute façon, il suffit de les enficher dans l’ampli : en 30 secondes, c’est fait. Et ce n’est pas le prix qui doit vous freiner : les lampes de préampli ne sont pas très chères.
De part et d’autre de l’Atlantique, on utilise parfois des noms différents pour les lampes de préampli. Pour reprendre l’exemple de l’ECC83 : aux États-Unis, on l’appelait donc 12AX7. Cette désignation est devenue plus ou moins le standard mondial. Mais la petite lampe de préampli existe en de nombreuses variantes. Dans beaucoup d’appareils, la référence 12AX7 peut par exemple être remplacée par la nomenclature suivante :
| ECC83 | 7025 | 12AT7 |
| ECC82 | 5751 | 12BH7 |
| ECC81 | 6189 | 12DW7 |
| ECC803 | 6267 | 12AY7 |
| E88CC | 6922 |
D’autres lampes de préampli donnent un seuil de saturation différent. Le caractère de la saturation peut lui aussi changer. Une overdrive ronde et chaleureuse ne va certainement pas se transformer en un bocal vide rempli d’abeilles en colère, rassurez-vous. Mais un ampli peu expressif peut reprendre vie avec un autre jeu de lampes de préampli. Ou, au contraire, un ampli de guitare trop « chaud » peut être un peu dompté. Sur les amplis guitare, il est conseillé de rester plus ou moins dans la même famille. La 12AX7 (y compris toutes les lettres qui suivent) est facilement interchangeable avec les types ECC, ainsi qu’avec la 7025, la 5751 et la 12AY7. Mais où sont-elles ? Regardons le châssis. Prenez n’importe quel châssis d’ampli : combo ou tête, guitare ou basse, peu importe. Dans le boîtier, vous verrez toutes sortes de lampes : des grandes et des petites, suspendues ou montées à la verticale. Les petites sont celles du préampli, les grandes appartiennent à l’étage de puissance. Il arrive aussi qu’un ampli soit équipé d’un ressort de réverbération (reverb) ou d’un effet vibrato. Dans certains cas, ce circuit est également alimenté par une lampe, souvent une 12AY7. Et parfois, il y a aussi une lampe redresseuse (rectifier). Nous en parlons dans un autre article Bax consacré aux lampes.
Attention : vous pouvez encore intervertir les lampes de préampli. Pas celles de l’étage de puissance, sans connaissances en électronique. Heureusement, pour les guitaristes très curieux mais peu avertis, les supports de lampes ne sont souvent pas compatibles d’un type à l’autre. Mais si c’est compatible, le conseil est : ne le faites pas, sauf si l’ampli dispose d’un réglage de bias. Vous en lirez un peu plus sur le bias ci-dessous.
Des lampes plus « chaudes » saturent plus tôt
Le seuil de saturation est parfois décrit par la notion de “chaleur” (“hot”) d’une lampe. Certains fabricants d’amplis utilisent un code couleur, d’autres une échelle de 1 à 10. On retrouve souvent ces indications sur les lampes de puissance.
| Fender : | Groove Tube : | Mesa : |
| Bleu | 1 à 3 | |
| Blanc | 4 à 7 | (4 = Red et Yellow, 5 = Green |
| Rouge | 8 à 10 | et Grey, 6 = Blue et White) |
Pourquoi est-ce utile ? Les fabricants règlent le bias en usine. Parfois, ce réglage est fixe, comme chez Mesa Boogie. Le réglage du bias consiste à déterminer à l’avance certains points de tension (voltages) dans l’ampli afin qu’il fonctionne de manière optimale. Sur un ampli à lampes, c’est particulièrement important. C’est aussi pour cela qu’il est recommandé de remplacer les lampes de puissance par paire. Cette paire doit être appairée (matched) pour un certain point de bias. D’une manière générale, on peut dire que le Fender Blanc, les Groove Tubes 4 à 7 et les couleurs Mesa correspondent le mieux aux points de bias réglés en usine par la plupart des fabricants. Vous pouvez les installer dans n’importe quel ampli : vous obtiendrez un son polyvalent, avec suffisamment de gain et suffisamment de headroom.
Facile à retenir : les chiffres bas (ou la couleur Fender bleu) saturent plus tôt que les chiffres élevés (ou la couleur Fender rouge), qui restent « clean » plus longtemps.
Conseil : pour les puristes, il est bon de savoir que, pour certaines lampes Fender/Groove Tube, il est possible d’indiquer si vous les souhaitez fabriquées en Chine ou en Russie/Tchéquie/Slovaquie au moment de la commande.
Plus d’infos sur les lampes de puissance
Les lampes de préampli sont responsables de la saturation ; le type de lampe de puissance donne davantage le « caractère » sonore à l’ampli. Le clean d’un Fender Twin Reverb, ce son tweed californien, la saturation typiquement britannique… autant de sons de guitare iconiques qui, en partie, s’expliquent par un seul type de lampe. Pour résumer : Marshall est devenu célèbre grâce à l’EL-34. Vox a bâti sa réputation avec l’EL-84, et les Américains semblaient avoir le monopole de la 6L6. Dans une certaine mesure, c’est encore vrai, même si Fender utilise aussi la 6V6 pour ses lampes de puissance, Marshall ressort la KT-66, et Mesa Boogie propose, dans sa série Transatlantic, aussi bien des lampes anglaises qu’américaines.
Mais comment sonnent ces lampes au juste ? Comment caractériser le son de ces différents types ? C’est difficile, car le son d’un ampli résulte d’un ensemble de facteurs (lampes, alimentation, câblage, haut-parleur, enceinte). Mais nous tenterons l’exercice dans un prochain article Bax dédié aux lampes. Le plus important : les lampes sonnent mieux à mesure que vous leur en demandez davantage. Alors, ouvrez cet ampli !






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